lundi 27 février 2017

Jewish Starr - Jewish Starr

Cassette glanée lors d'un échange avec le label Feeble Minds (Shoppers, Brown Sugar, etc.) il y a quelques années, cette démo au tirage confidentiel (25 copies) revient pourtant régulièrement dans la platine.


Je n'ai jamais plus entendu parler de ce groupe, Jewish Starr, qui était originaire de Syracuse NY. C'est dommage, je suis bien fan de leur approche très Wipers. Il y a quelques années, j'aurais pu parier sur une réédition en format EP 7" de cet unique objet, mais par les temps qui courent on n'est plus sûr de rien. 



Les textes imprimés dans la jaquette racontent des vies simples, monotones, préconçues, accrochées à des substances de compensation de l'ennui. Quatre morceaux et puis s'en vont. Retournent au néant. (Ph)

dimanche 26 février 2017

Branches – Distance

Paru en 2006, je suis passé complètement à côté de cette autoproduction, exclusivement CD. Il aura fallu que je découvre le second album, Old Forgotten Places, dont on a déjà parlé ici, pour que je fasse coup double. Au prix de l’envoi d’un disque, ça va souvent la peine de se montrer curieux. Enfin, curieux, j’avais bien sûr jeté une oreille sur les deux albums via le bandcamp du groupe.



Si tu es branché Chameleons / Cure, que tu as mis en boucle What Does Anything Mean, Basically et Disintegration, viens chercher bonheur. La remarquable qualité de l’enregistrement permet de bien saisir toutes les nuances des synthés et des guitares, et de profiter à blinde de la voix modeste de Francesco Forestiere. Dans l’ensemble, ce Distance m’évoque aussi The Essence et Mary Goes Round, dans des ambiances sombres mais pas que. En témoigne ce somptueux From Somewhere.



Le disque coule comme une blonde d’abbaye bien fraîche dont on connait le goût mais qui dégage plein de saveurs subtiles qui poussent à y revenir. Après avoir bien usé le second album de Branches, je me suis donc concentré sur celui-ci et je ne saurai dire lequel des deux je préfère. Ils s’écoutent tous deux sans fin.




Maintenant, espérons qu’une âme charitable aura l'audace de rééditer ces deux chefs d’œuvre en vinyle. (Ph)

Noir Boy George – Metz Noire

Cette cassette s’écoute comme on lit un journal de faits divers. On passe du sordide au glauque en contemplant le désespoir ordinaire d’un peuple qui ne sait même pas à quoi il aspire, à part peut-être l’autodestruction.



Je suis fort étonné qu’aucun des excellents labels lorrains qui sévissent encore aujourd'hui n’ait réédité cet album dans un format Long Player car je suis persuadé qu’on tient là un classique des années 2010, barré quelque part entre Kas Product et les Bérurier Noir.
Les textes ont une importance capitale dans l’intérêt que je porte à cette Metz Noire. J’ai rarement entendu chose plus crue et plus consternante : des histoires de caissières qui congèlent leur bébé, de futurs shoots de came dans le caniveau, d’univers dépressifs, de petites villes aux mentalités étriquées, etc.



Je n’irai pas jusqu'à dire que cet album contient des hits synth punk que tu danseras jusqu'au bout  de la nuit, non. Sa grâce restera même sans doute un peu inaccessible à tous ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Rabelais. Peu importe, pour une fois j’ai la chance de bien comprendre ce que raconte un album sans trop faire d’effort et d'apprécier un groupe pour son univers et pas juste la musique.




Emmanuel Satti, le gazier aux commandes de ce projet, a posé ses idées dans un tas d’autres groupes comme Scorpion Violente, que j'aime aussi beaucoup, A.H. Kraken ou Bras Mort, avec le collègue Julien qui est partout, comme le Saint Esprit. A écouter ici. (Ph)

samedi 11 février 2017

Rank / Xerox ‎– M.Y.T.H. EP

J'avais déjà beaucoup aimé le premier album éponyme de Rank / Xerox, qui doit toujours être disponible chez Sabotage en Allemagne. Après plusieurs années de silence discographique, le groupe de San Fransisco est de retour avec un 4 titres génial.


Complètement débarrassé de tout le côté post-rock, on navigue maintenant dans un univers sale, froid et plus sombre que jamais. C'est le disque idéal pour rebondir après une série sur le post-punk du début des années 80 car il montre à quel point le genre reste vivant et puissant aujourd'hui. Les collègues du label Adagio830 à Berlin exhibe leur bon goût une fois de plus avec cet EP qui peut éventuellement s'accompagner d'une cassette, Mass Transit Mongo Combo, retraçant les enregistrements 2009 du groupe, une split cassette et un 7".

Le nouvel EP démarre fort avec un titre qui ne ferait pas tâche sur une mixtape avec Diat ou Institute.


Le second morceau, Ingenue, ajoute une note minérale et planante avec son synthé strident. Cette fois, c'est avec Cairo Pythian que je le mixerais.



Le tout est à découvrir sur le bandcamp du label ou bien en hi-fi puisque le disque est disponible dans un superbe costume plastique gris. (Ph)

mardi 7 février 2017

30 disques post-punk de 1979 à 1982 (part 5)

Point final de cette petite liste de grands disques. D'autres bafouilles suivront consacrées par exemple aux productions françaises des années 80 ou aux trucs australiens récents.


U2 – October



Avant d’être un groupe indé à la fois quelconque et reconnu, les Irlandais ont été punk. Pour s’en convaincre il faut réécouter les trois premiers albums. Il y a de larges similitudes entre eux et Comsat Angels, ou And Also The Trees, ou avec le Talk Talk des derniers albums moins synth-pop. Avec Police aussi.



Wall Of Voodoo – Call Of The West



Large choix de disques et de titres puisque les trois albums majeurs (en comptant le premier mini-album) sont parus entre 79 et 82. Je ne suis pas loin de penser que Wall Of Voodoo représente ce que les US ont fait de mieux en matière de post-punk. Une sorte de Bauhaus élevé à la country et qui aurait refusé de servir dans l’armée, se serait barré avec les clés du camion faire la tournée des clubs et des bars jusqu’à ce que mort s’ensuive. Forever Tomorrow, forever Mexican Radio, forever Call Of The West.



Wipers – Youth Of America



On pourra débattre pour savoir si les Wipers sont post-punk ou simplement punk. Pour moi ils montent un peu à cheval entre les deux. Si Is This Real? reste très brut, à partir de Youth Of America, c’est une autre histoire. Over The Edge (1983) constitue même un monument post-punk, souvent copié, rarement égalé.




Wire – 154



Le seul album de la première trilogie de Wire à être sorti dans la période qui nous intéresse ici, 154, est un disque somptueux. Ça tombe bien, on adore ça. Il fait bien évidemment partie des meubles de ce genre de liste. Pas grand-chose à ajouter sur Wire, peut-être qu’on est bien contents de savoir les vétérans toujours productifs et prêts à sortir un nouvel album en 2017.




XTC – Black Sea



Beaucoup d’hésitations avant de choisir et puis finalement, premier morceau de Black Sea (1980), et bim ! la chanson se passe de commentaire. Je ne suis pas le plus grand fan d’XTC, mais j’admets qu’ils le font bien.



Young Marble Giants – Colossal Youth



J’aime bien le côté bricolé et minimal des Giants. Ce disque exprime la modernité, on a du mal à imaginer qu’il a près de quarante ans. C’est un peu un objet unique, ils n’ont pas fait grand-chose d’autre de cette valeur, à ma connaissance.




D’autres groupes comme The Chameleons, The Smiths ou And Also The Trees sont arrivés juste après, en 1983 et 1984. Ils seront de la prochaine fournée. 

dimanche 5 février 2017

30 disques post-punk de 1979 à 1982 (part 4)

The Desperate Bicycles – Remorse Code



L’album arrive en 1979 après une chiée d’excellents EP, dont le sublissime The Medium Was Tedium que je recommande tout chaudement. Le LP a moins de relief, mais se laisse tripoter sans résister.



The Durruti Column – LC



J’aime beaucoup cette phrase à propos de Durruti Column : play jazz but don’t play jazz. J’ai aussi souvenir d’avoir lu que Bowie était très fan. LC est le second d’une ribambelle d’excellents albums, tous plutôt orientés coolitude, avec un max de morceaux instrumentaux et un son de guitare inimitable, ou bien peut-être juste par Felt.



The Monochrome Set – Strange Boutique



Pas vraiment d’hésitation concernant le choix parmi la discographie fournie de Monochrome Set puisque je ne connais bien qu’un seul album. Avec XTC sans doute les groupes les plus britanniques dans sa nonchalance et ses accents, ils sont aussi à rapprocher de Durruti Column pour leur côté virtuose.



The Sound – From The Lions Mouth



Le pinacle des aventures de The Sound arrive dès le second album. L’intro du premier morceau donne le ton, le reste du titre explicite clairement ce qu’est le post-punk. Rien à dire de plus, la messe est dite. Dommage que les autres disques ne soient pas aussi constants. N’oublions pas de dire qu’ils étaient sur le label indé Korova et avaient pour collègues Echo & The Bunnymen, que j’aime moins.



The Teardrop Explodes – Kilimanjaro



Pop jusqu’au bout des ongles, la musique subtile de Julian Cope et compagnie mérite une écoute attentive pour en tirer la moelle. Néanmoins, ils sont un peu à la limite de ce qu’on peut considérer comme post-punk. Un peu comme Lloyd Cole ou les Silencers plus tard, trop poppy pour être vraiment punk.



Tubeway Army – Replicas



Gros morceau de la liste, le groupe de Gary Numan représente à lui seul un pan entier du post-punk, qui a préparé le terrain à toute une génération de groupes New Wave. Je pense à New Order, à Taxi Girl, à plein d’autres, suédois, italiens, américains. Il faut bien se rappeler que les deux albums majeurs de Tubeway Army datent de 1978 et 1979, donc en avance sur leur temps comme Kraftwerk ou Suicide avant eux.





à suivre… 

30 disques post-punk de 1979 à 1982 (part 3)

Rikk Agnew – All By Myself



En 1982 Rikk Agnew, ex-Christian Death, enregistrera ce disque tout seul comme un grand. On ne dirait pas pourtant, tellement tout est bien joué. Cet album comporte au moins cinq hits qui me rendent absolument débile.



Savage Republic – Tragic Figures



Groupe à la discographie immense, Savage Republic a piqué dans cette liste la place de The Fall. To each his own. Comme d’autres dinosaures, ils continuent à sortir des disques sulfureux et intrigant comme Aegean (Mobilization / Nuit et brouillard 2014) dont on parlera ici bientôt. En attendant, je te propose un extrait du premier album Tragic Figures de 1982.



Siouxsie & the Banshees – Join Hands



Ah Merde ! Mon Siouxsie préféré, The Scream, est de 1978. Difficile pourtant de ne pas évoquer Siouxsie et sa voix, son style mille fois imités. Siouxsie, reine de la nuit, copine de Sid, impératrice de la mode et égérie de Vivienne Westwood. Elle a influencé le mouvement punk durablement, musicalement et esthétiquement. Et les disques vieillissent très bien.



The Birthday Party – Prayers On Fire



Mené par Nick Cave, l’emblématique, ce groupe australien apporte une touche roots à cette liste. Aux portes du blues d’un Dead Moon ou d’un Pere Ubu, décharné, vif, tendu, The Birthday Party propose une vision particulière, dérangée et dérangeante, loin de la new wave tubesque.



The Comsat Angels – Sleep No More



Groupe maudit dont la première tournée américaine fut annulée pour une histoire d’appendicite, The Comsat Angels a pourtant laissé des traces profondes et tout un tas de fans qui les mettent tout en haut de la liste, dans les trois ou quatre meilleurs groupes. J'adore vraiment les deux premiers albums, Waiting For A Miracle et Sleep No More, indispensables l’un comme l’autre.



The Cure – Seventeen Seconds



Quoi ? Cure pas post-punk ? bien sûr que si. Pas juste du post-punk, mais partiellement. Pour preuve ce M tiré du second album. Il faut souligner la productivité dans le talent puisque Cure a produit quatre albums majeurs entre 1979 et 1982. Et comme Madame Siouxsie, quel impact Robert Smith a eu sur le style de toute une génération !




à suivre… 

samedi 4 février 2017

30 disques post-punk de 1979 à 1982 (part 2)

Killing Joke – Killing Joke


Mon disque préféré de Killing Joke est Night Time, mais il n’est pas qualifié puisque paru en 1985. Soit, j’irai donc puiser dans le premier album pour en tirer le tout dernier morceau, qui annonce à mon avis leur son futur.



Magazine – Real Life



Finalement une découverte assez récente pour moi. Alors que je suis grand fan des Buzzcocks, j’étais passé complètement à côté. Il faut dire que je n’ai jamais vu non plus leurs disques en bac près de chez moi. Dingue.



Modern English – Mesh & Lace


4AD aura eu un catalogue bien rempli. Il l’est toujours avec des Merchandise et des SOHN. D’ailleurs Modern English doit faire paraître bientôt un nouvel album, avec le line-up original. Leur premier disque est une tuerie post-punk que je regrette de ne pas voir plus souvent dans les listes commémoratives. Pour moi c’est le chaînon manquant entre Bauhaus et The Sound.



Opposition – Breaking The Silence


J’aime beaucoup les premiers disques d’Opposition, quand ils étaient encore sur des labels indés. Sans inventer l’eau chaude, ils arrivent à poser des ambiances chaloupées, un brin tristounes. Parfaites. Ils finiront par signer sur des majors dans les années 80, sans grand succès.



PIL – Metal Box


PIL est à la fois l’archétype du post-punk et il en est éloigné par une approche play punk but don’t play punk. Et puis tous ces changements de line-up, ce son jamais vraiment défini… s’il n’y avait pas la caution de John « Rotten » Lydon, je ne sais pas si PIL serait dans cette liste. En tous cas, merci pour la controverse Mr Lydon.



Polyrock – Changing Hearts


Pas le plus connu des groupes de New York, mais certainement pas le moins intéressant. Pilotés par Philip Glass, Polyrock sonne quelque part entre Wall Of Voodoo et Roxy Music, entre les Cars et Wire. Si señor.




à suivre… 

vendredi 3 février 2017

30 disques post-punk de 1979 à 1982 (part 1)

Motivé par le superbe concert de Peter Hook and The Light (ex-Joy Division et New Order) à Reims et les diverses listes parues à droite à gauche comme celle de popmatters, je me suis lancé dans un inventaire des disques sortis entre 1979 et 1982. 



Le genre post-punk étant à mon avis imparfaitement défini, surtout pas par wikipedia, j’ai donc choisi quelques-uns de mes albums préférés qui entrent dans ces critères subjectifs :

1/ musique sombre (c’est quand même du punk), j’écarte arbitrairement tous les éléments funk donc des groupes comme This Heat, Joe Jackson ou Talking Heads,

2/ musique rock construite autour de guitares (c’est quand même du punk), je ne qualifie pas non plus les groupes purs synthétiques, à la Human League, Sparks, Front 242, etc.

3/ musique à l’esthétique minimale, pas vraiment psychédélique, ni même spécialement bordélique, donc excluant des tendances no wave ou industrielles, et donc pas de Devo, Psychedelic Furs, Contortions, etc.

Ainsi, voici en cinq étapes mon top 30 actuel du post-punk 79-82.

Adam And The Ants - Dirk Wears White Sox


La première pierre de l’édifice d’Adam impose le respect : max de hits qui incitent à se trémousser sur place. Imparable. Les deux albums suivants sont charmants, mais celui-ci à ma préférence.


Bauhaus – Mask


La galère commence avec le choix parmi les albums de Bauhaus. Ne cédant pas à la facilité qui voudrait qu’on indiquât le premier opus In That Flat Field, je penche finalement pour Mask et son Hollow Hills puissant et pénétrant.



Crisis – Hymns Of Faith


Rien que le pedigree pré-Death In June suffit à mon humble avis à positionner Crisis dans cette liste. L’album et la compilation des EPs respirent le post-punk à plein nez, avec une guitare Wire-ienne et des ambiances punk cold en diable. Ces disques ont été récemment réédités par La Vida Es Un Mus, grand pourvoyeur d’action sonore.



Fad Gadget – Under The Flag


En quatre albums, Fad Gadget a imposé sa marque de fabrique : arriver là où on ne l’attend pas. Pas tout à fait synth pop, il a eu le mérite d’ouvrir grand la porte à ses comparses de chez Mute, Depeche Mode. C’est d’autant plus vrai sur ce troisième album.



Gang Of Four – Entertainment


Pendant longtemps, les seuls disques que j’ai possédé de Gang Of Four étaient des bootlegs. Je ne trouvais rien du groupe en vinyle. C’est aujourd’hui de l’histoire ancienne. N’empêche, rare et précieux, voici comment je considère toujours le post-punk de GoF.



Joy Division – Unknown Pleasures


S’il y a une référence absolue en matière de style post-punk, elle échoie à Joy. En partie à cause de la musique elle-même, mais aussi par la légende autour de Ian Curtis. Reste à choisir un titre parmi les trois albums, un morceau bien représentatif du son post-punk tant qu’à faire.




à suivre…