mercredi 20 septembre 2017

Ministry - Twitch

J'ai revisité Ministry récemment, enfin la période que je connais, qui va du premier album à Filth Pig. Je ne me suis jamais préoccupé de la suite de leurs aventures, ça viendra peut-être puisque le groupe est toujours actif.
Comme Black Sabbath, je pense que Ministry a donné le meilleur de lui-même dans les six albums studio. Parmi ces albums, ma préférence va à Twitch.


Twitch, ce n'est pas le Ministry gavé de grattes heavy, c'est celui-ci qui traduit EBM en américain. Cette proximité avec Front 242 a sans doute permis des rencontres qui ont engendré des collaborations comme les Revolting Cocks. La production d'Adrian Sherwood électrise le disque qui s'écoute très bien au casque. Encore une fois, les mp3 sont intéressants pour découvrir de la zik, mais pas pour en profiter pleinement.


Pratiquement tous les ingrédients du futur succès de Ministry sont présents sur Twitch. Je reconnais volontiers que d'autres excellents morceaux figurent sur d'autres excellents albums, Scarecrow, The Land Of Rape And Honey, Burning Inside, etc. La force de Twitch tient en deux points, la constance de la vague et la précision de la broderie sonore. Le disque est bon, de A à Z. C'est assez rare. (Ph)



samedi 16 septembre 2017

Boris Dzaneck ‎– In His Own Words

Juste quand je me disais que la cassette mériterait bien une édition vinyle, le généreux label parisien Danger exauce mon vœu. L'occasion est donc donnée de causer de cette merveille enregistrée en 1983.



Les notes imprimées sur la pochette me permettent déjà de sortir de mon erreur. J'ai longtemps cru que Boris Dzaneck était le nom d'un bidouilleur génial et qu'il avait pondu ce hit darkwave "Dance" tout seul chez lui. 



In His Own Words est donc le fruit d'un trio hollandais dans une vague lignée Wire / The Fall. Sûr qu'ils auraient fait une chouette affiche avec Coitus Inc. et Poésie Noire. Le disque ne fera pas tâche au milieu de ta collec' de LPs de Frustration.


Super nouvelle donc que cette édition, l'album est déjà fait plusieurs voyages sur la platine, le nouveau mastering donne un peu d'onctuosité au son post-punk assez cru. C'est pour moi LE skeud de la rentrée. (Ph)


lundi 11 septembre 2017

Them Are Us Too - Remain

Difficile de parler de cet album sans évoquer le décès de la chanteuse dans un incendie à Oakland en décembre 2016. Parenthèse : j'ai toujours aimé la liberté d'expression et d'organisation qu'on trouve dans les lieux autogérés, mais elle a un prix élevé, parfois. 
"Remain" porte donc bien son nom, disque témoignage d'un grand talent. La bannière 4AD flotte quelque part dans l'air, même si la bête est estampillée Dais records.


Pop rêveuse et très bien produite, la musique de Them Are Us Too s'appuie sur des claviers aériens et des lignes de chant féminin. Le mélange produit sonne comme une cérémonie mystique et planante, sans les effets psychédéliques progressifs qui en général me gonflent vite.


L'album possède une puissance inouïe sous ses atours de velours. Les morceaux proposent tous quelque chose d'intéressant. Je vois d'ici certains fans des Cocteau Twins les écouter encore et encore. C'est ce que je fais. (Ph)



samedi 9 septembre 2017

Gold Class - Drum

Essai transformé pour les Australiens de Gold Class et pourtant les poteaux étaient loin et hauts après leur superbe 1er LP It's You sorti en 2015. 


L'équipe n’a pas changé et le style reste le même : on est dans un post-punk façon Merchandise, Lower ou Protomartyr. Il suffit d'écouter le 1er titre du LP Twist in the Dark pour s'en rendre compte et se faire proprement ranger sur la piste de danse.
Body close
You said, Darling, what do you want?
Forgiveness
Everything
To dance like I'm home


Et sur la piste, on va y rester tout au long de l'album. Car, même si le style est largement éprouvé, Gold Class avec ce 2ème LP sorti sur Felte, envoie des compos tout en tension et super efficaces avec des titres comme Get Yours ou Thinking of Strangers. Quelques balades viennent ponctuer cette douce fureur. Le tout est nappé de la voix si envoûtante et pénétrante d’Adam Curley, qui est tout simplement irrésistible. (El)

samedi 2 septembre 2017

2013 en 20 disques

Flash-back sur l'année 2013 et ce qu'il en reste de meilleur, quatre ans après. Certains disques ont déjà été présentés dans ces pages, d'autres méritaient enfin un coup de projecteur.


Yvette – Process


Un seul album au compteur du duo de Brooklyn, mais un pur bonheur dans la lignée de Cabaret Voltaire ou, plus près de nous, Whatever Brains. Ficelles industrielles enserrant une darkwave aventureuse et bien produite, voici exactement le genre de perle dont je raffole. Plusieurs morceaux sortent du lot, j’aime particulièrement Everything In Reverse.



The Sterling Sisters – Hale



J’avais beaucoup aimé le single Shallow Blood lorsqu’il est sorti, je me suis donc rué sur l’album. Enfin, quand il a bien voulu arriver. The Sterling Sisters étaient formés autour de George Cessna, enfant de la balle puisque son père Slim écume les clubs de rock depuis la préhistoire. Le disque sonne folk sauvage un peu à la manière d’une Patty Smith. Les compositions dégagent un spleen ravissant, plein d’harmonies. La voix de Scout Paré-Philipps vient hanter certains morceaux gracieusement.



Steve Gunn - Time Off



Souvent, les limites entre les styles musicaux sont floues. Certains passages de cet album sont clairement folk, à d’autres moments on est plutôt dans le post-rock, le stoner ou bien une vague néo-folk se dessine à l’horizon. Signe d’un album riche et varié, la voix souvent en retrait apporte ce qu’il faut de relance quand le feu de camp décline.



Soft Kill - Circle Of Trees



Il n’existe à ma connaissance pas vraiment de version vinyle de cet album. Un test pressing circule, mais seule la version cassette a été un tant soit peu distribuée. Certains morceaux ont été réenregistrés depuis. Malgré le son brut façon démo, l’album reste fascinant dans sa quête du graal post-punk. Il arrive tout près de la perfection.





Safewords – Safewords



Formés autour de Colin Swanson-White (Davidians, Formaldehyde Junkies, Voight•Kampff, entre autres) et de Jed Smentek (Temple), les Safewords revisitent le goth rock et le post-punk et auraient pu appeler leur album Joy Of Mercy ou Sisters Of Division. Au choix.




Ritual Howls - Ritual Howls



Dès le départ, la muse a frappé les Ritual Howls dont le premier album oscille entre blues rock et new wave dans un tonnerre sans prétention, mais avec un goût certain pour le vintage. Une comparaison avec les Bad Seeds de Nick Cave ou avec Clockcleaner t’en dira peut-être un peu plus sur ce que tu trouveras dans ces augustes sillons. M’est avis que cette galette deviendra un classique post-punk rien que pour les quatre premiers morceaux qui s’enchaînent au-delà du réel.





Private Pact – Purity



Private Pact oscille entre neo folk et goth punk, entre Death In June et Sisters Of Mercy, en proposant une zik minimaliste carrément chouettos, parfois même sérieusement tubesque. De quoi rester scotché à la platine, à regarder le plafond tourner.




Pop. 1280 - Imps Of Perversion



Second album de Population 1280, il fait suite à l'excellent The Horror qui avait placé la barre assez haut. J’ai pu lire des comparaisons fondées avec les Swans ou Drunkdriver. Musique hermétique donc, parcourue d’éclairs plus mélodiques. Protomartyr-toi de là ou danse à genoux.



Pleasure Leftists - Pleasure Leftists



Cette cassette compile le mini-album éponyme de 2011, trois titres du EP de 2013 ainsi qu’une reprise du 100 Years de Cure. Je suis scotché par la voix de Haley Morris. Il y a un morceau en particulier qui dépasse tous les autres, Elephant Man est également paru en single. Depuis, les canadiens ont sorti un album tout à fait gouleyant. J’espère qu’ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin.



Night Sins – To London Or The Lake



Sous des faux airs de Killing Joke de l’époque Night Time, Night Sins envoient des albums cohérents et entrainants, jamais véritablement killer à mon goût, mais suffisamment riches pour susciter l’enthousiasme d’un corbeau. On parlera d'ailleurs bientôt de leur nouvel album.



Lakes - Blood Of The Grove



Nous touchons là le graal de l’année 2013. Disponible gratuitement sur le bandcamp du groupe, c'est peut-être le disque le plus réussi de Lakes, cette aventure néofolk australienne redéfinissant le terme « puissant ». Le choix du morceau à présenter ici est cornélien, comme pour tous les albums magistraux. Je m’en irai quérir un air nommé The Longest Reign.




Kent State - The Wrong Side Of History



Une petite merveille de l’underground porte comme un parfum de Dinosaur Jr des années 2010. Le groupe n’a malheureusement rien produit depuis, ou presque, mais je ne désespère pas d’entendre une suite.





Jewish Starr - Jewish Starr



Une autre petite merveille de l’underground porte comme un parfum de Wipers des années 2010. Le groupe n’a malheureusement rien produit depuis, ou presque, mais je ne désespère pas d’entendre une suite.




Israël Regardie - Tu N'es Personne



Un des groupes post-punk les plus prometteurs des dernières années venait de Lyon. La cassette sonne comme une vraie démonstration qui n’a malheureusement pas abouti à l’album espéré. Restent donc ces titres qui se suffisent à eux-mêmes, au top de mes favoris de l’année 2013.



Industrial Park – Cold White



Chant du cygne du duo de Portland, Cold White offre cinq compositions et une reprise des Sisters Of Mercy, Valentine. Cet EP porte bien son nom, on nage en pleine cold wave, tragique et mystique. Toute leur discographie est trouvable sur leur bandcamp. Une bonne okaz de profiter de cet excellent groupe paru sur le non moins excellent label parisien Desire recs.




Hooded Fang – Gravez



Une fois dépassée la mauvaise première impression visuelle, cet album ravira celles et ceux qui se fournissent en came chez In The Red, Hozac et autres Burger Recs : des hits inspirés du surf rock 60's et de la new wave des B 52's pleuvent tout au long du disque.





Hausu – Total



L'album d'Hausu me fait le même effet que le Crumbling The Antiseptic Beauty de Felt. Le premier point commun entre les deux groupes, c'est la maîtrise du gratouillage. De la belle virtuosité qui donne envie de faire du air guitar avec les doigts.




Blue Krishna - Youth In Chains


Si comme moi tu es grand fan de Durutti Column et des musiques avec une cinématique puissante, les deux cassettes de Blue Krishna méritent ton attention. Side-project conduit par Alex Jarson de Body Of Light, l’EBM est délaissée au profit d’un mélange subtil néofolk et synth-pop. Youth In Chains était sa première démo, coup de maître.




Blessure Grave - The Flashing



Mini-album exceptionnel, au firmament des productions new wave post-punk de 2013, The Flashing ne contient que des hits. Tu sais sans doute que Blessure Grave et Soft Kill partagent le même compositeur / chanteur. On navigue dans les mêmes eaux troublées, cold wave intense et pénétrante.




Anasazi - Nuke York 2013 Demo



On a déjà parlé de Anasazi dans P&C, comparé leur son à celui de Bauhaus et de Siouxsie. Cette cassette faisait suite aux deux excellents EP et à une première démo. Je la trouve inégale, mais les meilleurs morceaux sont vraiment réussis.



dimanche 27 août 2017

The Astronauts - Peter Pan Hits The Suburbs

Ce premier album des Astronauts nous ramène encore une fois en la sainte année 1981. Ils n'ont jamais déçu depuis et tous leurs disques mériteraient une chouette réédition comme celle réalisée par La Vida Es Un Mus pour Peter Pan Hits The Suburbs.



Assez proche de The Mob ou Desperate Bicycles, les Astronauts montrent la face la plus délicatement dépouillée du post-punk. Peter Pan Hits The Suburbs pourrait être une bande originale subsidiaire de Harold et Maude.


Les morceaux varient en rythme et en sons au long de l'album qui n'a pas l'aspect parfois monotone du post-punk. J'ai un faible pour ceux qui drainent le plus de mélancolie et qui évitent les passages foufous psychédéliques. Le disque est pratiquement inusable tant il est bien composé.





Jusque In Defence Of Compassion, les cinq albums de The Astronauts méritent le détour. Un de mes morceaux préférés (Behind The Mirror) se trouve d'ailleurs sur ce cinquième disque. Les vinyles sont assez rares, je ne les ai jamais vu ailleurs que sur Discogs. Il est vraiment temps de les rééditer. (Ph)


samedi 26 août 2017

Soft Kill - Choke

Suivi à la loupe dans toutes ses initiatives par P&C, Tobias Grave se trouve un refuge nouveau chez les hardos de Profound Lore et sort un disque de pop romantique.


Quoiqu'un peu trop léger à mon goût, le disque a trouvé sa place dans mes favoris de 2016 grâce à son atmosphère new wave en diable. Les amateurs de The Sound et des Chameleons s'y retrouveront tout de suite. Les guitares pleines de chorus envahissent l'espace et nous perdent.


Certains morceaux comme ce Lost étaient déjà parus auparavant sur des disques ou cassettes limités. Ça n'empêche pas l'album d'être cohérent et de donner envie de le jouer encore et encore. N'est-ce pas là le principal ?


Nous continuerons donc à suivre les aventures de Tobias en espérant qu'il trouvera le temps de composer pour Blessure Grave, qui reste mon préféré, et The Criminal World, dont on parlera ici bientôt sans doute. (Ph)

mercredi 23 août 2017

Modern Eon - Fiction Tales

La réputation de Modern Eon est parvenue jusque moi via Dead Or Alive puisque le clavier Tim Lever joua dans les deux groupes. Ils n'ont pas grand chose en commun, Fiction Tales, suite de rêveries magnifiques, sonne à la porte de 4AD et autres Cherry Red records.



Je m'étonne que cet unique album soit encore assez facile à trouver d'okaz. La new wave de Liverpool a rarement atteint ce niveau de perfection et annonce un mouvement darkwave prenant de l'ampleur en l'an de grâce 1981.



Si jamais je liste un jour ici mes disques préférés de 1981, celui-ci y trouvera sa place, discrètement, près de Cocteau Twins ou X Mal Deutchland. Ce n'est pas vraiment un album démonstratif, il joue plutôt sur les nuances, mais quasiment tous les morceaux sont parfaits. On se lance, on se laisse gagner. Quel dommage qu'il n'ait pas eu de suite. (Ph)


jeudi 10 août 2017

Staccato Du Mal - Sin Destino

Alors que vient juste de paraître le nouvel album du sieur Ramiro Jeancarlo, Les Amants, et qu'il me tarde de l'écouter, petit flashback sur son premier opus qui date déjà de 2011.


De l'excellente darkwave de Miami, pas très éloignée du son de Martial Canterel mais avec les accents plus industriels, plus durs de Contrepoison. ce Sin Destino passe d'un trait comme un très bon alcool, un peu costaud, mais délicieux. Ses sons synthétiques marchent parfois dans les pas d'un Kraftwerk qui aurait passé le cap des années 2000. C'est riche, surprenant, inusable.


Le disque se trouve encore assez facilement à un prix raisonnable. Un futur classique del futuro à mon avis, un des meilleurs parmi tous les projets du gazier. Favori. (Ph)


lundi 7 août 2017

Forseti - Windzeit

Pas forcément besoin d'instrument électronique pour intégrer P&C, l'acoustique suffit tout à fait. La musique de Forseti s'inscrit dans le sillage de Death In June et de Fire + Ice, néofolk fluide et délicate.


Les disques de Forseti sont rares et hors de prix. Peut-être est-ce du à l'histoire d'Andreas Ritter, diminué par une crise cardiaque et incapable de poursuivre ? Ils valent pourtant la peine qu'on les cherche. J'apprécie les arpèges et les enchaînements subtils, le dépouillement de la production et la poésie qui se dégage de la voix. 



Les très bons morceaux pullulent sur les deux albums, le choix est encore une fois difficile. Néanmoins tu auras la possibilité de les trouver facilement à télécharger, si jamais tu ne l'avais pas déjà fait. (Ph)



dimanche 6 août 2017

Haldol / Ostavka

Deux nouvelles excellentes sorties du label breton Symphony Of Destruction méritent un petit clin d’œil. 

Haldol ‎– The Totalitarianism Of Every Day Life


Ce second album est assez différent du premier, il suit l'évolution amorcée lors du précédent EP. Exit le hardcore punk générique, Haldol produit maintenant une mouture plus personnelle faite de death rock, de post-punk avec une guitare au son noise tendance Black Flag période My War. La ligne est donc assez dure, l'écoute du disque peu reposante malgré une importante variation entre les morceaux. Comme The Coltranes, Haldol est imprévisible et difficile à étiqueter. 


Le groupe ne sort pas de nulle part, le batteur par exemple jouait dans Bad American et dans The Stasi. De bonnes références il me semble, dans la lignée Touch & Go.


Ostavka - Ostavka



Après avoir fait paraître un 7" sympa l'an passé, les bretons récidivent avec un cinq titres sur un 12". Mini-album, EP, on ne se sait pas trop. La musique guidée par la voix hypnotisante de Nina emprunte le chemin cold wave défriché par Siouxsie et entretenu depuis par des centaines de groupes, de The Veil à Pleasure Leftists. Rien de révolutionnaire malgré le vernis anarcho-punk des textes, le disque séduit par sa qualité de composition et une exécution sans faille, en place. Il me fera patienter jusqu'à un premier véritable album que j'espère varié et débridé. (Ph)



jeudi 3 août 2017

Mary Goes Round - Sunset

J'ai raté le concert de Mary Goes Round à l'Usine de Reims avec And Also The Trees et celui à Paris avec Little Nemo et Asylum Party. Regrets éternels. Pourtant j'adorais le groupe de Cécile Balladino et Jérôme Avril. Leurs deux premiers disques ont longtemps squatté ma platine, surtout Sunset le mini-album de 1989.



Surtout ne pas se fier à l'illustration. La musique de Mary Goes Round a plus à voir avec les Cure qu'avec Zappa. Elle est difficile à dater et reprend en nombre des éléments du post-punk 81. Intemporelle, elle continue de l'être puisque le disque n'a jamais sonné aussi bien qu'aujourd'hui.



Le premier album 70 Suns In The Sky est également assis au chaud dans ma collection. J'ai moins goûté les deux albums suivants à l'époque et une tentative récente m'a dissuadé de les acquérir. Il y a sans doute quelques bonnes chansons dessus, mais rien de comparable à la mine de bonheur que représente Sunset. 



Tu noteras que l’inénarrable label Infrastition a réédité en CD l'intégrale de Mary Goes Round. Les vinyles distribués par New Rose à l'époque se trouvent encore assez facilement. (Ph)

mardi 1 août 2017

Delusional Signals - Delusional Signals

Le projet mené par Stanley Bleach n'a produit aucun disque sur aucun support physique, mais a simplement regroupé cinq titres sur un EP artificiel. J'aurais bien aimé une cassette ou même un CD, mais il semble que la post-modernité va nous imposer de plus en plus de ses releases immatériels. 


Delusional Signals a sorti une dizaine de titres durant les deux dernières années, tous disponibles sous forme de vidéo. Bienvenue en 2017. Par contre, l'influence est bien rétro comme il faut, je pense aux Cure, à Bauhaus, à Joy Division, aux Sparks, bien mixés ensemble. Rien de révolutionnaire, mais leur patte très agréable m'a fait jouer ces morceaux en mode repeat.



Il n'existe que peu d'info sur ce groupe. On se contentera du minimum et de l'essentiel : la musique. Plusieurs hit singles possibles dans le minimalisme darkwave du sieur Bleach, mon favori se nomme Emptiness. Si seulement Soft Kill ou Drab Majesty pouvaient l'embarquer dans leur prochaine tournée euro... (Ph)





mercredi 26 juillet 2017

Eyeless In Gaza - Rust Red September

De l'impressionnante discographie de Eyeless In Gaza, une quinzaine d'albums, Rust Red September est celui que je conseillerais pour s'y mettre. C'est un disque majestueux, qui dépasse de loin ce que Martyn Bates et Peter Becker ont fait avant, et qu'ils n'approcheront plus que par intermittence ensuite, comme sur le superbe Song Of The Beautiful Wanton (Soleilmoon 2000).





Le groupe tire bien sûr son nom du roman d'Aldous Huxley, en français La Paix Des Profondeurs, paru quelques années après Le Meilleur Des Mondes. Les textes auront donc une importance particulière, dans une musique qui, sur ce disque, ressemble à ce qui aurait pu être la suite de The Hurting de Tears For Fears.



Si la mélancolie et les sanglots longs se trouvent tes compagnons, Rust Red September est une mine inépuisable d'émotions, dans un royaume pop où les mélodies coulent à folk dans une ambiance slow de l'été.


Le groupe existe toujours, continue à se produire dans un format peinard, beau et profond. les cheveux sont gris, mais les gestes demeurent précis et les voix claires. Un concert avec And Also The Trees comblerait sans doute tout un tas de fans. (Ph)



mercredi 19 juillet 2017

Coïtus Int. - Coïtus Int.

En 1981, la Hollande aussi vivait une révolution musicale. Les autoproductions fleurissaient dans tous les styles. Coïtus Int. faisait paraître son premier album, sorte de mix entre Joy Division et Père Ubu. Amen.


Longtemps introuvable, il y a été réédité en 2010 en CD par Infrastition puis en vinyle en 2014 par Bunkerpop. Un double coup de projecteur sur un disque oublié. Coïtus Int. ne cultivent pas le tube, ils sont plutôt à la recherche de l'ombre, un peu comme Bauhaus ou The Fall. Sans fioriture.


Dans le jargon de collectionneurs, on dira que cet album est un pur disque, par son côté obscur et par l'évidence de sa qualité. Il sonne très actuel. Pas une ride. Juste un brin de poussière qui était là au départ, chimiquement testée.



Deux autres albums et une fine liste de concerts n'auront pas suffit à les faire connaitre d'avantage, mais il n'est jamais trop tard pour se rattraper. (Ph)


mardi 18 juillet 2017

Century Palm - Meet You

Je n'avais pas été très impressionné par le premier 7" de Century Palm, déjà sur Deranged recs. Je l'avais même trouvé assez quelconque. J'ai quand même décidé de donner sa chance à l'album qui a suivi et qui vient de sortir. Bingo !


Century Palm a une approche pop du post-punk, infiniment mélodique tout en restant tranchant. Le disque offre une bonne variété de tons, on s'y enfonce petit à petit et quelques chansons sortent du lot. A une ou deux exceptions près, elles me captent et donnent envie d'y revenir.


Lâchons des noms pour la foule : Total Control, Gold Class, Behavior, Total Victory. Quelque part dans ce coin. J'aime particulièrement quand la musique prend un tour légèrement acide dans le morceau phare de l'album pour moi : Sick Of It.


Une galette à conserver et à creuser, qui éventuellement se retrouvera dans la liste des favoris de 2017 dans quelques mois. (Ph)

lundi 17 juillet 2017

This Cold Night - While I Disappear

Conduit par l'unique Chase Morledge, This Cold Night avance à pas de loup, sortant disques et cassettes en séries très limitées. Heureusement maman Bandcamp veille.


Si tu as aimé Garden Of Mary, il se peut que tu retrouves un feeling identique. L'origine texane peut-être ? Ou bien le format, cassette 5 titres ? Aucun remplissage, tous les morceaux sont excellents, respectant la dramaturgie post-punk de la darkness avec un grand talent, comme sur ce Wings Of Regret.


J'imagine que, comme moi, tu te mets à comparer avec des vieux trucs, ou des groupes récents, en particulier de la scène américaine actuelle, Soft Kill et Drab Majesty en tête. Il y a de ça, beaucoup de finesse, des harmonies ténébreuses ou lumineuses, selon l'instant. L'alchimie n'est pas facile, j'entends plus souvent du mauvais goth rock dans ce genre, mais là, c'est parfait.


Les morceaux de la cassette sont depuis parus sur une compilation éditée en LP par Dead Wax records. Le disque est malheureusement épuisé, un repressage serait bienvenu en attendant la suite de l'aventure. (Ph)

dimanche 9 juillet 2017

The Mob ‎- Let The Tribe Increase

Cet unique album de The Mob, groupe du Sud-Ouest de l'Angleterre, aurait pu intégrer la liste de la Second Wave 1982-1986. Personne n'aurait crié au scandale.


En décembre 1982, après quelques singles DIY sur All The Madmen Records ou Crass Records, Mark Wilson enregistra en trio ces chansons qu'il traînait depuis la démo, mais cette fois avec un peu plus de moyens. Sa voix parfois approximative l'inscrit de facto dans la veine punk, mais musicalement on est plus près de Desperate Bicycles, de Patrick Fitzgerald, voire de Blitz qui en 1983 sortait Second Empire Justice. Je ne sais pas si le fait d'avoir un peu usé les chansons avant de les enregistrer fait toute la différence, mais il n'y a quasi que des hymnes sur cet album. A commencer par Gates Of Hell qui ouvre la face B.



Pas de trace de hardcore dans la zik de The Mob, malgré les apparences. Le message passe dans différentes atmosphères, rythmées ou plus calmes. Me rappelle parfois Amebix, sans le heavy metal.



The Mob est souvent associé à la scène anarcho-punk de Londres, sans doute à cause de ses textes. Wilson interroge le futur, montre ses peurs. 

Our life our world mapped out in scars
Carved in wrists and back of arms
Which paint in blood on sheets of white
Of children never quite at home
Our life our world flows down rivers in the street
Made up of blood, made up of meat
Cigarette burns in tortured arms
Cigarette burns on tortured arm
Slowly roasting in the heat of...

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

Our life our world
Lost scream hits the cold night air
Lost scream lost 'cause no one was there
This is the crying of half dead
This is the crying of stillborn
This is the sound of the golden age
This is the sound of my rage

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

This is my horror, my nightmare
This is my waking, my birth
This is my world and my earth
This is my earth and my world
This is my life and my worth
This is my moment of birth
This is my crawling from chaos
Now I have risen from ash
This is the glimmer of hope
This is the wall I must smash

Our life our world
My life my world
Our life our world
Our life our world
My life my world
Our life our world
My life my world
Our life our world

I'm alive, frozen, futile
You're not alive but, you're warm
You haven't suffered no nightmares
And you cannot spell harm
This is my love now
And this is my war
Do not suffer my children
Let them walk through that door
This is my nightmare
Built from your hell on earth
Do not damage my children
They are their love on earth 
Leave my world for my children
They didn't ask to be born
Leave my love for my children
And let them be warm



Le disque, qui était chaud à trouver, a été repressé en 2011 par Overground records. Tu n'as plus d'excuse. (Ph)

mercredi 5 juillet 2017

2015 post-punk selection

Mise à jour de la liste parue l'an passé, sorte de mixtape sans la tape avec des extraits des meilleurs disques de 2015. Je me suis arrêté à trente, c'est déjà pas mal.


Anasazi – Nasty Witch Rock
Branches - Old Forgotten Places
Broken Water ‎– Wrought
Cairo Pythian ‎– Touched
Chain Of Flowers - Chain Of Flowers
Cocoonitude ‎– Cocoonitude
Dawn Of Humans ‎– Slurping At The Cosmos Spine
Decades/Failures ‎– G00DBY3
Diät – Positive Energy
Drab Majesty ‎– Careless
Gold Class – It’s You
Institute – Catharsis
Kitchen's Floor – Battle Of Brisbane
Lakes – Arms In Twilight
Lunch – Let Us Have Madness Openly
Mansion ‎– Early Life
Nite Fields ‎– Depersonalisation
Protomartyr ‎– The Agent Intellect
Rhythm Of Cruelty ‎– Saturated
Rule Of Thirds – Rule Of Thirds
Sextile – A Thousand Hands
She Past Away – Narin Yaln
Soft Kill – Heresy
Sufjan Stevens ‎– Carrie & Lowell
Vietcong – Vietcong
Wand – Golem
Whatever Brains - 4th LP
Wild Moth ‎– Inhibitor
Wind Atlas – Lingua Ignota
Wire – Wire

La super selection est . (Ph)

lundi 3 juillet 2017

She Past Away - Narin Yaln

Sais-tu comment on dit Soft Kill en turc ? ça se dit Yumuşak öldürmek. On peut aussi le prononcer She Past Away.


Paru en 2015, Narin Yaln fait suite à un excellent premier album, Belirdi Gece. Assez peu de choses les séparent, peut-être quelques détails, un peu plus de sophistication dans le second album qui inscrit définitivement She Past Away dans la veine darkwave. Le disque suit un chemin linéaire, monocorde, nuit noire sous la pluie. Étrangement reposant.


L'utilisation des beats et de la guitare est carrément prodigieuse, à la fois classique et suffisamment créative pour m'intéresser et me plaire. La voix tonne tout à fait goth, avec un traitement qui fait parfois penser à des groupes comme Neon Judgement. Mon oreille n'est pas habituée sans doute mais le chant en turc sonne parfois bizarre, je trouve sa texture un peu sèche et pas toujours en accord avec la musique. A d'autres moments au contraire, c'est l'accord parfait.


Les deux albums méritent le détour. Ils sont bien sûr en bonne place dans la discothèque P&C. (Ph)


samedi 24 juin 2017

2014 en 20 disques

Où comment se faire plaisir en ressortant des galettes qui s'ennuient sur les étagères. Peu de groupes de majors dans cette liste, mais une tripotée de jolies bêtes qui auront laissé une superbe trace sous la forme de deux gracieux sillons. Sauf pour l'intrus cassette.

Crisis - Kollectiv


Une compilation pour commencer. Ce double LP rassemble les trois premiers 7" de Crisis, précurseurs du post-punk et dont les membres sont allés former Death In June et Sol Invictus, entres autres. Le genre de réédition complètement indispensable si tu veux mon avis.





Delacave - Run Straight To Them And Grunt


Favori absolu dans une scène actuelle riche et dense, les Delacave ont un style assez personnel, une cold wave minimale qui ne renie pas ses origines garage rock. Ils ont surtout un talent étonnant pour écrire de bonnes chansons. Ce second LP en est pétri. Très peu d'albums français me font cet effet là. Ce disque de Delacave est malheureusement presque impossible à trouver. J'ai fini par choper une copie d'occaz' aux US. Un repressage les gens ?




Dream Police - Hypnotized


Side-project de The Men, Dream Police propose une lecture personnelle du neofolk, option super cool. Le genre de disque qui se mérite. Il faut aller au bout des deux faces pour s'en convaincre. Les morceaux s’enchaînent, le temps devient fluide, même le ciel danse. 




Fountain - Fountain



Voici donc l'intrus, la cassette au milieu des vinyls. De bonne facture la cassette, même si j'aurais volontiers investi quelques brouzoufs dans un autre support. Le groupe est Canadien et on te l'avait présenté l'an passé. Les gars s'inspirent de Wire, de The Fall, de Chrome, de Richard Hell, de T-Rex. Y'a pire, carrément.




GG King - Unending Darkness


GG King, des défunts Carbonas. Oui madame. Du mauvais sang, plein la chemise. J'aime quasi tout ce qu'il fait, sauf avec les Gentlemen où il se fout un peu de la gueule du monde. J'aime quand il rock. Là, il est intouchable. Il faudra que je revienne sur les Carbonas quand même, un jour...



Gluebag - Confused


Magnifique réédition de l'album paru initialement en 2008 en cassette, il aurait été dommage que cette merveille de proto-punk reste aussi confidentielle. Quand j'ai eu le disque, j'ai du l'écouter dix fois en trois jours. La voix traînante et les mélodies rappées donnent un côté naturel à un genre qui peut vite sentir la naphtaline. Le Confused de Gluebag me donne juste envie de me décoller les hanches. Valeur sûre.




Hank Wood And The Hammerheads - Stay Home!!


Il se passe toujours quelque chose à New York. La bande qui gravite à Brooklyn autour de Toxic State records produit chaque année un ou deux disques essentiels, comme ce second album de Hank Wood. Je te l'accorde, on est un peu plus dans le punk que dans la wave. C'est un disque pour soirée tonique, pas pour faire la larve sur le canap'. Le premier album est tout aussi bon, Y'aura t-il une suite ?



Late Bloomer - Things Change



Le post-punk de ces jeunes ricains se pare de colorations pop-punk qui me rappellent parfois les Buzzcocks. Les Wipers aussi. Je t'ai déjà parlé de ce disque l'an passé, je l'aime toujours autant. Une suite devrait paraître cette année. Kif.




Lower - Seek Warmer Climes


J'avais adoré le single Someone's Got It In For Me. L'album est donc passé direct à la casserole. Dans les nuances et les méandres du disque, je me suis d'abord un peu perdu. Et puis les repères sont apparus plus nets. La musique de Lower a besoin d'un peu de temps, elle s'apprivoise. Elle symbolise aussi le renouveau du post-punk, affranchi et contemporain. A jouer juste après Viet Cong / Preoccupations.



Martial Canterel - Gyors, Lassú



Cas évoqué récemment dans P&C, ce disque est une petite merveille, très finement produite et dont l'écoute au casque seule révèle tous les secrets. On s'installe, on ferme les yeux, on est parti.




Martyrdöd – Elddop



Complètement inclassable, issu de la scène hardcore suédoise, Martyrdöd contraste avec ses congénères crustie par une approche progressive qui donne une ampleur magistrale à leur musique. Un peu comme un Tragedy qui aurait été au bout de ses idées. Les riffs de guitare emportent tout, façon High On Fire. Le disque me scotche encore à chaque écoute.



Merchandise – After The End



Troisième véritable album de Merchandise, une nouvelle étape est franchie avec la signature sur un gros indé. Le disque se révèle divinement produit, entre chatoyantes envolées et groove solide. Tout est juste, à la bonne place. Beauté fatale.





Nun - Nun


Les Kas Product auraient-ils essaimé jusqu'en Australie ? on pourrait le penser en écoutant Nun. Le disque passe toujours aussi bien trois ans après. Le futur album sera disséqué dès sa sortie, sois en sûr. 




Pig Eyes - Pig Eyes


Grande fantaisie que ce second album, qui couvre des styles divers et variés avec goût. On avait causé de lui l'an passé, t'en souviens-tu ? un vibrant mélange de stoner, de folk et de noise, ça ne s'oublie pas.




Protomartyr - Under Color Of Official Right


Un écho de Magazine venu de Detroit signait en 2014 un second signal fort. Comme le groupe anglais, Protomartyr use à propos de riffs tantôt minimaux, tantôt complexes, parachevés par une voix qui ne fait pas que chanter. J'aime beaucoup les textes de Joe Casey. Il sert les dents et avance en ligne.




Ritual Howls - Turkish Leather


Trois albums au compteur pour Ritual Howls, pas une faute de goût. Je cherche encore. Les gars ont le sens du blues, mais leur univers est moins bucolique que celui de Robert Johnson. On a affaire ici à une version urbaine de l'âge de Google. Le gars Nick Cave doit apprécier.




Savage Republic - Aegean


Les Californiens poursuivent leur oeuvre et ce Aegean constitue leur septième album depuis 1982. C'est un long disque constitué d'une vingtaine de chansons qui lorgnent souvent du côté de Wire, mais aussi de Killing Joke. Les vocaux se contentent du minimum, façon post-rockSorti initialement en CD, il a été pressé en vinyle par Nuit Et Brouillard à Lille. Voilà une idée qu'elle est bonne !




Total Control - Typical System


On voue un véritable culte à Total Control chez P&C. Maximale génuflexion. Difficile de résumer une religion en trois phrases. D'ailleurs, comment décrire un ressenti autrement que par des mots banals ? je ne peux que t'enjoindre à te faire ta propre idée si jamais tu n'étais pas déjà croyant.




Transfix - Transfix


Peut-être bien mon disque préféré sorti en 2014. Les deux albums suivants m'ont un peu déçu, mais celui-là, pfff... je l'ai creusé comme un nouveau Wipers. Il y a tout ce que j'aime sur cet LP, le meilleur du post-punk et du death rock.  La production minimale du disque est à l'image de ce qui se fait à Olympia d'habitude. On sent les racines folk. Maintenant un nouvel album arrive, il est en écoute ici




Whatever Brains - SSR-63 / SSR-64


Ce drôle de disque contient deux petits albums réunis par le label sans doute dans un souci économique. Ils sont d'ailleurs assez différents, entre vraies ambiances post-punk et bidouillages électroniques lumineux. Les Brains passent sans vergogne de la pop la plus soda à des univers plus intimes et plus sombres. Leurs disques sont des voyages inattendus dans des pays où la musique est libre d'aller où elle veut, sans forcément chercher à plaire. (Ph)