mercredi 19 juillet 2017

Coïtus Int. - Coïtus Int.

En 1981, la Hollande aussi vivait une révolution musicale. Les autoproductions fleurissaient dans tous les styles. Coïtus Int. faisait paraître son premier album, sorte de mix entre Joy Division et Père Ubu. Amen.


Longtemps introuvable, il y a été réédité en 2010 en CD par Infrastition puis en vinyle en 2014 par Bunkerpop. Un double coup de projecteur sur un disque oublié. Coïtus Int. ne cultivent pas le tube, ils sont plutôt à la recherche de l'ombre, un peu comme Bauhaus ou The Fall. Sans fioriture.


Dans le jargon de collectionneurs, on dira que cet album est un pur disque, par son côté obscur et par l'évidence de sa qualité. Il sonne très actuel. Pas une ride. Juste un brin de poussière qui était là au départ, chimiquement testée.



Deux autres albums et une fine liste de concerts n'auront pas suffit à les faire connaitre d'avantage, mais il n'est jamais trop tard pour se rattraper. (Ph)


mardi 18 juillet 2017

Century Palm - Meet You

Je n'avais pas été très impressionné par le premier 7" de Century Palm, déjà sur Deranged recs. Je l'avais même trouvé assez quelconque. J'ai quand même décidé de donner sa chance à l'album qui a suivi et qui vient de sortir. Bingo !


Century Palm a une approche pop du post-punk, infiniment mélodique tout en restant tranchant. Le disque offre une bonne variété de tons, on s'y enfonce petit à petit et quelques chansons sortent du lot. A une ou deux exceptions près, elles me captent et donnent envie d'y revenir.


Lâchons des noms pour la foule : Total Control, Gold Class, Behavior, Total Victory. Quelque part dans ce coin. J'aime particulièrement quand la musique prend un tour légèrement acide dans le morceau phare de l'album pour moi : Sick Of It.


Une galette à conserver et à creuser, qui éventuellement se retrouvera dans la liste des favoris de 2017 dans quelques mois. (Ph)

lundi 17 juillet 2017

This Cold Night - While I Disappear

Conduit par l'unique Chase Morledge, This Cold Night avance à pas de loup, sortant disques et cassettes en séries très limitées. Heureusement maman Bandcamp veille.


Si tu as aimé Garden Of Mary, il se peut que tu retrouves un feeling identique. L'origine texane peut-être ? Ou bien le format, cassette 5 titres ? Aucun remplissage, tous les morceaux sont excellents, respectant la dramaturgie post-punk de la darkness avec un grand talent, comme sur ce Wings Of Regret.


J'imagine que, comme moi, tu te mets à comparer avec des vieux trucs, ou des groupes récents, en particulier de la scène américaine actuelle, Soft Kill et Drab Majesty en tête. Il y a de ça, beaucoup de finesse, des harmonies ténébreuses ou lumineuses, selon l'instant. L'alchimie n'est pas facile, j'entends plus souvent du mauvais goth rock dans ce genre, mais là, c'est parfait.


Les morceaux de la cassette sont depuis parus sur une compilation éditée en LP par Dead Wax records. Le disque est malheureusement épuisé, un repressage serait bienvenu en attendant la suite de l'aventure. (Ph)

dimanche 9 juillet 2017

The Mob ‎- Let The Tribe Increase

Cet unique album de The Mob, groupe du Sud-Ouest de l'Angleterre, aurait pu intégrer la liste de la Second Wave 1982-1986. Personne n'aurait crié au scandale.


En décembre 1982, après quelques singles DIY sur All The Madmen Records ou Crass Records, Mark Wilson enregistra en trio ces chansons qu'il traînait depuis la démo, mais cette fois avec un peu plus de moyens. Sa voix parfois approximative l'inscrit de facto dans la veine punk, mais musicalement on est plus près de Desperate Bicycles, de Patrick Fitzgerald, voire de Blitz qui en 1983 sortait Second Empire Justice. Je ne sais pas si le fait d'avoir un peu usé les chansons avant de les enregistrer fait toute la différence, mais il n'y a quasi que des hymnes sur cet album. A commencer par Gates Of Hell qui ouvre la face B.



Pas de trace de hardcore dans la zik de The Mob, malgré les apparences. Le message passe dans différentes atmosphères, rythmées ou plus calmes. Me rappelle parfois Amebix, sans le heavy metal.



The Mob est souvent associé à la scène anarcho-punk de Londres, sans doute à cause de ses textes. Wilson interroge le futur, montre ses peurs. 

Our life our world mapped out in scars
Carved in wrists and back of arms
Which paint in blood on sheets of white
Of children never quite at home
Our life our world flows down rivers in the street
Made up of blood, made up of meat
Cigarette burns in tortured arms
Cigarette burns on tortured arm
Slowly roasting in the heat of...

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

Our life our world
Lost scream hits the cold night air
Lost scream lost 'cause no one was there
This is the crying of half dead
This is the crying of stillborn
This is the sound of the golden age
This is the sound of my rage

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

This is my horror, my nightmare
This is my waking, my birth
This is my world and my earth
This is my earth and my world
This is my life and my worth
This is my moment of birth
This is my crawling from chaos
Now I have risen from ash
This is the glimmer of hope
This is the wall I must smash

Our life our world
My life my world
Our life our world
Our life our world
My life my world
Our life our world
My life my world
Our life our world

I'm alive, frozen, futile
You're not alive but, you're warm
You haven't suffered no nightmares
And you cannot spell harm
This is my love now
And this is my war
Do not suffer my children
Let them walk through that door
This is my nightmare
Built from your hell on earth
Do not damage my children
They are their love on earth 
Leave my world for my children
They didn't ask to be born
Leave my love for my children
And let them be warm



Le disque, qui était chaud à trouver, a été repressé en 2011 par Overground records. Tu n'as plus d'excuse. (Ph)

mercredi 5 juillet 2017

2015 post-punk selection

Mise à jour de la liste parue l'an passé, sorte de mixtape sans la tape avec des extraits des meilleurs disques de 2015. Je me suis arrêté à trente, c'est déjà pas mal.


Anasazi – Nasty Witch Rock
Branches - Old Forgotten Places
Broken Water ‎– Wrought
Cairo Pythian ‎– Touched
Chain Of Flowers - Chain Of Flowers
Cocoonitude ‎– Cocoonitude
Dawn Of Humans ‎– Slurping At The Cosmos Spine
Decades/Failures ‎– G00DBY3
Diät – Positive Energy
Drab Majesty ‎– Careless
Gold Class – It’s You
Institute – Catharsis
Kitchen's Floor – Battle Of Brisbane
Lakes – Arms In Twilight
Lunch – Let Us Have Madness Openly
Mansion ‎– Early Life
Nite Fields ‎– Depersonalisation
Protomartyr ‎– The Agent Intellect
Rhythm Of Cruelty ‎– Saturated
Rule Of Thirds – Rule Of Thirds
Sextile – A Thousand Hands
She Past Away – Narin Yaln
Soft Kill – Heresy
Sufjan Stevens ‎– Carrie & Lowell
Vietcong – Vietcong
Wand – Golem
Whatever Brains - 4th LP
Wild Moth ‎– Inhibitor
Wind Atlas – Lingua Ignota
Wire – Wire

La super selection est . (Ph)

lundi 3 juillet 2017

She Past Away - Narin Yaln

Sais-tu comment on dit Soft Kill en turc ? ça se dit Yumuşak öldürmek. On peut aussi le prononcer She Past Away.


Paru en 2015, Narin Yaln fait suite à un excellent premier album, Belirdi Gece. Assez peu de choses les séparent, peut-être quelques détails, un peu plus de sophistication dans le second album qui inscrit définitivement She Past Away dans la veine darkwave. Le disque suit un chemin linéaire, monocorde, nuit noire sous la pluie. Étrangement reposant.


L'utilisation des beats et de la guitare est carrément prodigieuse, à la fois classique et suffisamment créative pour m'intéresser et me plaire. La voix tonne tout à fait goth, avec un traitement qui fait parfois penser à des groupes comme Neon Judgement. Mon oreille n'est pas habituée sans doute mais le chant en turc sonne parfois bizarre, je trouve sa texture un peu sèche et pas toujours en accord avec la musique. A d'autres moments au contraire, c'est l'accord parfait.


Les deux albums méritent le détour. Ils sont bien sûr en bonne place dans la discothèque P&C. (Ph)


samedi 24 juin 2017

2014 en 20 disques

Où comment se faire plaisir en ressortant des galettes qui s'ennuient sur les étagères. Peu de groupes de majors dans cette liste, mais une tripotée de jolies bêtes qui auront laissé une superbe trace sous la forme de deux gracieux sillons. Sauf pour l'intrus cassette.

Crisis - Kollectiv


Une compilation pour commencer. Ce double LP rassemble les trois premiers 7" de Crisis, précurseurs du post-punk et dont les membres sont allés former Death In June et Sol Invictus, entres autres. Le genre de réédition complètement indispensable si tu veux mon avis.





Delacave - Run Straight To Them And Grunt


Favori absolu dans une scène actuelle riche et dense, les Delacave ont un style assez personnel, une cold wave minimale qui ne renie pas ses origines garage rock. Ils ont surtout un talent étonnant pour écrire de bonnes chansons. Ce second LP en est pétri. Très peu d'albums français me font cet effet là. Ce disque de Delacave est malheureusement presque impossible à trouver. J'ai fini par choper une copie d'occaz' aux US. Un repressage les gens ?




Dream Police - Hypnotized


Side-project de The Men, Dream Police propose une lecture personnelle du neofolk, option super cool. Le genre de disque qui se mérite. Il faut aller au bout des deux faces pour s'en convaincre. Les morceaux s’enchaînent, le temps devient fluide, même le ciel danse. 




Fountain - Fountain



Voici donc l'intrus, la cassette au milieu des vinyls. De bonne facture la cassette, même si j'aurais volontiers investi quelques brouzoufs dans un autre support. Le groupe est Canadien et on te l'avait présenté l'an passé. Les gars s'inspirent de Wire, de The Fall, de Chrome, de Richard Hell, de T-Rex. Y'a pire, carrément.




GG King - Unending Darkness


GG King, des défunts Carbonas. Oui madame. Du mauvais sang, plein la chemise. J'aime quasi tout ce qu'il fait, sauf avec les Gentlemen où il se fout un peu de la gueule du monde. J'aime quand il rock. Là, il est intouchable. Il faudra que je revienne sur les Carbonas quand même, un jour...



Gluebag - Confused


Magnifique réédition de l'album paru initialement en 2008 en cassette, il aurait été dommage que cette merveille de proto-punk reste aussi confidentielle. Quand j'ai eu le disque, j'ai du l'écouter dix fois en trois jours. La voix traînante et les mélodies rappées donnent un côté naturel à un genre qui peut vite sentir la naphtaline. Le Confused de Gluebag me donne juste envie de me décoller les hanches. Valeur sûre.




Hank Wood And The Hammerheads - Stay Home!!


Il se passe toujours quelque chose à New York. La bande qui gravite à Brooklyn autour de Toxic State records produit chaque année un ou deux disques essentiels, comme ce second album de Hank Wood. Je te l'accorde, on est un peu plus dans le punk que dans la wave. C'est un disque pour soirée tonique, pas pour faire la larve sur le canap'. Le premier album est tout aussi bon, Y'aura t-il une suite ?



Late Bloomer - Things Change



Le post-punk de ces jeunes ricains se pare de colorations pop-punk qui me rappellent parfois les Buzzcocks. Les Wipers aussi. Je t'ai déjà parlé de ce disque l'an passé, je l'aime toujours autant. Une suite devrait paraître cette année. Kif.




Lower - Seek Warmer Climes


J'avais adoré le single Someone's Got It In For Me. L'album est donc passé direct à la casserole. Dans les nuances et les méandres du disque, je me suis d'abord un peu perdu. Et puis les repères sont apparus plus nets. La musique de Lower a besoin d'un peu de temps, elle s'apprivoise. Elle symbolise aussi le renouveau du post-punk, affranchi et contemporain. A jouer juste après Viet Cong / Preoccupations.



Martial Canterel - Gyors, Lassú



Cas évoqué récemment dans P&C, ce disque est une petite merveille, très finement produite et dont l'écoute au casque seule révèle tous les secrets. On s'installe, on ferme les yeux, on est parti.




Martyrdöd – Elddop



Complètement inclassable, issu de la scène hardcore suédoise, Martyrdöd contraste avec ses congénères crustie par une approche progressive qui donne une ampleur magistrale à leur musique. Un peu comme un Tragedy qui aurait été au bout de ses idées. Les riffs de guitare emportent tout, façon High On Fire. Le disque me scotche encore à chaque écoute.



Merchandise – After The End



Troisième véritable album de Merchandise, une nouvelle étape est franchie avec la signature sur un gros indé. Le disque se révèle divinement produit, entre chatoyantes envolées et groove solide. Tout est juste, à la bonne place. Beauté fatale.





Nun - Nun


Les Kas Product auraient-ils essaimé jusqu'en Australie ? on pourrait le penser en écoutant Nun. Le disque passe toujours aussi bien trois ans après. Le futur album sera disséqué dès sa sortie, sois en sûr. 




Pig Eyes - Pig Eyes


Grande fantaisie que ce second album, qui couvre des styles divers et variés avec goût. On avait causé de lui l'an passé, t'en souviens-tu ? un vibrant mélange de stoner, de folk et de noise, ça ne s'oublie pas.




Protomartyr - Under Color Of Official Right


Un écho de Magazine venu de Detroit signait en 2014 un second signal fort. Comme le groupe anglais, Protomartyr use à propos de riffs tantôt minimaux, tantôt complexes, parachevés par une voix qui ne fait pas que chanter. J'aime beaucoup les textes de Joe Casey. Il sert les dents et avance en ligne.




Ritual Howls - Turkish Leather


Trois albums au compteur pour Ritual Howls, pas une faute de goût. Je cherche encore. Les gars ont le sens du blues, mais leur univers est moins bucolique que celui de Robert Johnson. On a affaire ici à une version urbaine de l'âge de Google. Le gars Nick Cave doit apprécier.




Savage Republic - Aegean


Les Californiens poursuivent leur oeuvre et ce Aegean constitue leur septième album depuis 1982. C'est un long disque constitué d'une vingtaine de chansons qui lorgnent souvent du côté de Wire, mais aussi de Killing Joke. Les vocaux se contentent du minimum, façon post-rockSorti initialement en CD, il a été pressé en vinyle par Nuit Et Brouillard à Lille. Voilà une idée qu'elle est bonne !




Total Control - Typical System


On voue un véritable culte à Total Control chez P&C. Maximale génuflexion. Difficile de résumer une religion en trois phrases. D'ailleurs, comment décrire un ressenti autrement que par des mots banals ? je ne peux que t'enjoindre à te faire ta propre idée si jamais tu n'étais pas déjà croyant.




Transfix - Transfix


Peut-être bien mon disque préféré sorti en 2014. Les deux albums suivants m'ont un peu déçu, mais celui-là, pfff... je l'ai creusé comme un nouveau Wipers. Il y a tout ce que j'aime sur cet LP, le meilleur du post-punk et du death rock.  La production minimale du disque est à l'image de ce qui se fait à Olympia d'habitude. On sent les racines folk. Maintenant un nouvel album arrive, il est en écoute ici




Whatever Brains - SSR-63 / SSR-64


Ce drôle de disque contient deux petits albums réunis par le label sans doute dans un souci économique. Ils sont d'ailleurs assez différents, entre vraies ambiances post-punk et bidouillages électroniques lumineux. Les Brains passent sans vergogne de la pop la plus soda à des univers plus intimes et plus sombres. Leurs disques sont des voyages inattendus dans des pays où la musique est libre d'aller où elle veut, sans forcément chercher à plaire. (Ph)



mercredi 21 juin 2017

Mountain Bike - Too Sorry For Any Sorrow LP

Si vous avez besoin d'un brin de fraîcheur, je vous conseille vivement de jeter une oreille à ce Too Sorry For Sorrow. Mais attention, vous allez avoir bien du mal à ne pas vous onduler en écoutant ce skeud. Les ingrédients ? Des mélodies pop, un soupçon de surf et de garage 60's. Bien secoué, c'est succulent. Du pur jus! A l'instar de The Lonely Place.


Et les 9 autres titres sont tous du même acabit, terriblement bien arrangés avec un son très léché.
Mountain Bike viennent de Bruxelles, vous trouverez ce LP chez Teenage Menopause et Humpty Dumpty. Pour le reconnaître, facile! il a un sticker petit cœur poilu façon coucougnette. Cœur présent sur les ronds centraux et sur la carte de téléchargement, ce qui, entre nous, a bien fait marré ma plus jeune fille. C'est vous dire si les 4 gars sont des lovers à la cool. Nous avons eu l'occasion de s'en rendre compte récemment en concert. Non seulement, le groupe joue super bien mais il se marre et prend visiblement plaisir sur scène, les chœurs font des HOUOUU et des AAAHH et je suis tombée complètement sous le charme. 

Je pourrais vous mettre tout l'album à l'écoute, cela étant, je kiffe quand même plus les morceaux les plus pêchus comme Good For Nothing (El).


lundi 19 juin 2017

Safewords - Safewords

Déjà quatre ans depuis la parution de cet excellent et malheureusement unique disque de Safewords. Depuis je guette une nouvelle galette, en vain. C'est bien dommage.


Formés autour de Colin Swanson-White (Davidians, Formaldehyde Junkies, Voight•Kampff, entre autres) et de Jed Smentek (Temple), les Safewords revisitent le goth rock et le post-punk et auraient pu appeler leur album Joy Of Mercy ou Sisters Of Division. Au choix. 


En général, les groupes de Colin font plutôt dans la qualité. Avec des ingrédients classiques, les Safewords composent des chansons qui tiennent la route. Le disque est parsemé de très bons moments et contient même plusieurs hits maussades.


Voilà donc pourquoi je guette les annonces de sorties de Deranged records, attendant une suite à ce magnifique album. J'ai pu me consoler avec Pleasure Leftists et avec Century Palm, dont on parlera sans doute bientôt. (Ph)



dimanche 18 juin 2017

Jon Edifice - Jon Edifice

Juste quand je pensais avoir fait le tour de la scène post-punk Australienne actuelle me parvient l’écho d’un aventurier solo. Bingo ! Le drôle envoie un album où il est partout en total contrôle.




Total mystère autour de lui, il avance masqué. Sa démo 4 titres avait déjà fait lever quelques sourcils. Les morceaux ont été réenregistrés et sortent sur un album éponyme qui tient franchement la route. L’influence des Anglais primitifs est certes évidente et l’aventure ne se déroule pas vraiment en terre inconnue. Cependant, je trouve l’inspiration du bonhomme assez fraîche, de Crisis à Wire en passant par les Astronauts. Les progressions mélodiques s’enchaînent avec grâce et je comprends mieux pourquoi le disque sort sur un label tout à fait prometteur, Funeral Party. Plusieurs hits en puissance sur le disque dont le premier morceau Park, je te laisse écouter la bête en entier pour te faire ton avis. (Ph)


samedi 10 juin 2017

Garden Of Mary - The Agony In Memory

J'avais déjà vu cette cassette, ou plutôt ces morceaux en ligne, sans les écouter. Des fois tu cliques, des fois tu cliques pas. Ou alors ça prend du temps. C'est ce que j'ai fini par faire presque par hasard...



Et là, dès les premières secondes, le verdict est tombé. J'aurais du cliquer plus tôt. 


Le premier morceau me met la misère. Je vais avoir besoin de l'objet, mais la cassette, parue fin 2016, est épuisée. 


On n'est vraiment pas loin du niveau de Soft Kill et de Drab Majesty. De Branches aussi. J'aime le traitement assez minimal sur la voix principale. Pas besoin de plus. Les chansons, bien composées, promettent un certain nombre d'écoutes plaisantes.


Il ne reste plus qu'à attendre un vrai album. Là, je cliquerai direct. (Ph)

lundi 5 juin 2017

Straight Crimes ‎- Windows Have Feelings

On peut dire tout ce qu'on veut sur les US, critiquer leur président, leur politique hégémonique, etc. mais quand il s'agit de rock, merde, ils se posent là. Straight Crimes est donc un duo qui vient des US, de Oakland plus précisément. Pas loin du fief de Maximum Rock'n'roll et de Iron Lung records. Ils ne dépareillent pas avec d'autres excellents groupes du coin comme Unity, Behavior ou Naked Lights.



Le disque a une bonne gueule DIY, pochette carton souple sérigraphiée et livret photocopié. Il a été pressé à juste 300 copies. A la première écoute il m'a franchement rappelé le premier album de Vaz, dont il partage la même formule Guitare / Batterie. Le batteur, parlons-en. Un vrai moteur de compète. A te faire déhancher toute une maison de retraite. Le chant apporte un côté British qui rend le groupe original. Par instant, j'ai l'impression d'entendre John Lydon dans PIL. Mais, tout compte fait, Straight Crimes a une vraie personnalité et le disque sonne frais. Je te le mets en entier pour que tu ne rates rien. Mon moment préféré est au milieu de la face B. Why Does The World Exist? / Wet Cigarette, les deux morceaux s’enchaînent. (Ph)


vendredi 26 mai 2017

Drab Majesty - The Demonstration

L'art de l'arpège et des delays étirés à l'infini dans des voix surnaturelles. La méthode de Drab Majesty est simple, un brin répétitive, bigrement efficace.



Si tu ne connais pas du tout Drab Majesty, le Disintegration de Cure peut servir de repère. C'est dans ce genre d'univers plutôt lent et planant qu'officient les Californiens. La recette est connue et éprouvée depuis les Chameleons et And Also The Trees. J'utilise la comparaison avec The Cure à dessein puisque le pont de Not Just A Name m'y fait grave penser. Ecoute donc ce morceau jusqu'au final.


Comme son prédécesseur, The Demonstration se décline en une série de perles, précieuses, fines, mais aussi sombres et mystérieuses. Me voilà, une fois encore, tout envoûté. (Ph)




dimanche 21 mai 2017

Martial Canterel ‎- Gyors, Lassú

Sean McBride, alias Martial Canterel, a produit une petite dizaine d'albums depuis 2002. Certains ont connu l'honneur du vinyle, d'autres pas, mais tous méritent le coup d'oreille, en particulier le disque de 2014 édité par l'excellent label Dais records (Drab Majesty, YOU., King Dude, etc.).



Complètement synthétique, l'univers minimaliste de Canterel n'en est pas moins riche et renouvelé. C'est un vrai tour de force. Quand tant de Depeche Mode et de U2 peinent à retrouver un semblant de vibration inspirée, Martial Canterel assène ses idées, morceau par morceau, et nous projette dans le vide entre les prods Warp (Artificial Intelligence) et l'EBM indus de Parade Ground. 




Une fois que tu auras bien désossé ce disque, il t'en restera une bonne dizaine d'autres à explorer avec joie. Je te suggère de commencer par le mini-album Empire, que j'aime juste autant. (Ph)

mercredi 17 mai 2017

Unreal Thought ‎– Isolate The Mind

C'est en voyant cette cassette en solde dans la sympathique boutique Sorry State que je me suis dit qu'il était temps que j'en parle. 



Le premier album de Unreal Thought date de 2014. Il n'est paru qu'en cassette. Avant de choper l'objet, j'ai été séduit par le côté cold, un peu à la Wipers, de certains titres comme Lost In Time. Tout à fait ma came : post-punk en trio, sans claviers, production lo-fi, et surtout un bon sens de la mélodie comme leurs compatriotes canadiens Safewords.


J'imagine que certaines de ces chansons se retrouveront dans quelques années sur des compilations de morceaux perdus, les Killed By Death du futur sont donc encore à attraper dans le présent. 


Depuis cet album, ces jeunes gens très actifs, qui participent à une multitude d'autres groupes, ont produit un second album, Amateur Comfort, qui confirme tout le bien que je pense d'eux. L'intégrale de leur oeuvre s'écoute ici. (Ph)



dimanche 14 mai 2017

The Doctors - Unterwelt

En général, les prescriptions du label Manic Depression (Paris) m'offrent une cure de jouvence. De Frustration à Last Night en passant par The Agnes Circle, la liste des bienfaits circulaires est déjà longue.


Les Docteurs de Bordeaux opèrent sans anesthésie, mais avec délicatesse. Bien campée sur ses machines, la zik oscille entre EBM et post-punk. Ou comment la jouer electro, mais pas trop. L'album est court, 7 titres, mais suffit à convaincre du potentiel des jeunes gens, modernes eux aussi.



Comme tu l'auras remarqué, les Docteurs se parfument au Kas Product et au Killing Joke, dont j'ai également gardé quelques flacons. Au delà de l'odeur, le CD renferme un paquet d'excellentes chansons qui provoquent ivresse et plaisir. Les accroches mélodiques se mémorisent sans coup férir. Tiendrions-nous là un futur classique ? En tous cas, une version vinyle serait bienvenue.



L'ensemble du disque est à écouter ici. Les Docteurs consultent sans rendez-vous. (Ph)

dimanche 9 avril 2017

Frustration - Empires Of Shame

J'ai zappé ce disque à sa sortie. Il ne figure même pas dans ma liste de favoris de 2016. Pourtant, qu'est-ce qu'il est bon !



Parmi la discographie déjà fournie de Frustration, je trouve que cet album atteint un sommet inédit, le niveau international, la ligue des champions. Comme si, arrivé à maturation, le produit était enfin au maximum de ses capacités. Je délire un peu, mais c'est juste pour souligner l'extrême qualité de ce disque. Encore une fois, let the music do the talking.



Bien sûr, l'ombre d'un certain groupe de Manchester plane toujours sur nos frustrés. On sait où l'on met les pieds. L'album réserve néanmoins quelques belles surprises, flirtant parfois avec le neofolk de Death In June, comme dans Arrows Of Arrogance qui clot la face A.


En résumé, Empires Of Shame est un incontournable de 2016, je me morfonds de l'avoir omis. Je réparerai l'injure en allant les voir Live dès que possible. (Ph)

voir aussi le classement 2016 d'Elodie : http://pigeonsetcorbeaux.blogspot.fr/2017/01/forever-2016.html

samedi 8 avril 2017

New Politicians - Remission

On a déjà évoqué ce disque dans la liste des favoris 2016. Une bonne tuerie façon pop, qui marque à chaque écoute.


Et même s'il n'est disponible pour l'instant qu'en CD, faut pas te priver d'aller remettre les oreilles sur cet album, en commençant par le joyau du disque, Been In The Wars.


Fort curieux de ce groupe ricain édité par un label russe, je me suis permis de leur poser les quelques questions de l'habituelle miniview : (réponse de Gian Carlo)

Qui joue dans le groupe actuellement ?
Renal Anthony Patetta - Voix/Guitare
Gian Carlo Patetta - Guitare/Claviers/Voix
John Michael Comninel - Basse
V Paul Janbazian - Batterie

Un nouveau disque bientôt ?
Oui, un nouvel EP intitulé 'Room 101' arrive très bientôt.

Pensez-vous tourner en Europe un de ces quatre ?
Nous n'avons pas de tournée prévue en Europe mais nous aimerions venir jouer partout où on nous invitera.

D'autres groupes avec lesquels vous jouez ?

5 disques du moment ?
Iggy Pop - Post Pop Depression
The Orwells - Terrible Human Beings
Brand New-  The Devil and God Are Raging Inside Me
Mac Demarco - Salad Days
Last Shadow Puppets - Everything You've Come to Expect


Y'a donc plus qu'à attendre ce nouvel EP avec Images, autre joyau, pour patienter. (Ph)




mercredi 5 avril 2017

Australie, maintenant. (part 5)

Spotting (Melbourne, Oz)


Dès que j'écoute la démo de Spotting, je pense à Belgrado, le groupe de Barcelone. Est-ce la voix ? sans doute, car objectivement les deux ont quand même quelques différences, mais globalement, si tu aimes l'un, l'autre ne devrait pas te décevoir. Un tout nouvel EP vient de paraître sur l'excellent label Aarght Records! et avec une petite dose de Nun pour faire bonne mesure, me voilà complètement séduit.




The Stabs (Melbourne, Oz)


Merveille de garage blues lancinant, au groove dégoulinant, les Stabs ont produit deux albums qui chatouilleront aussi bien le fan de Touch & Go que celui de In The Red records. Plus trop de nouvelles de leur part depuis plusieurs années, je ne désespère pas d'entendre un troisième album. Au contraire, je l'espère tendu comme un string, noir comme un blouson en cuir dans la nuit.



The Stickmen (Hobart, Oz)



Certes, The Stickmen est une exception dans cette liste puisque le groupe n'existe plus. Néanmoins, comme les deux albums ont été réédités relativement récemment (2013) et qu'ils sont géniaux, je leur ai fait une place. Just sit and listen.



Total Control (Melbourne, Oz)


Princes de cette liste, absolument incontournables, dépassant tous les cadres et tous les prismes, ils refondent la darkwave et le post-punk, mêlant sans vergogne Numan et Wire. Et ça marche au-delà de toute attente. Tu noteras bien sûr le pedigree des membres fondateurs:  Mikey Young (Eddy Current Suppression Ring) et Dan Stewart (UV Race, Distort zine) qui, bien entourés, ont livré avec Henge Beat et Typical System deux albums essentiels.




White Hex (Melbourne, Oz)


Je vais te révéler un dernier secret, à la fois triste et beau : ce duo formé par Jimi Kritzler (auteur du superbe bouquin Noise In My Head) et Tara Green a arrêté ses activités en 2015 après un album décevant, Gold Nights. Mais leur disque précédent, Heat, un mini-album, vaut son pesant de cacahuètes vegan. Ils ont touché la grâce avec leur shoegaze minimal sauce no wave. Le Sonic Youth le plus planant comme repère. Je joue encore régulièrement ces six morceaux. (Ph)