mardi 27 décembre 2016

Vaz - Demonstrations In Micronesia

A l'époque où Mordam avait encore un catalogue de dingue, il arrivait qu'on y tombe sur des perles sorties de nulle part.


Vaz n'est pas aussi bizarre et abstrait que la pochette le laisse penser. Au contraire, le duo envoie un rock bruyant et puissant qu'il ne cessera de maquiller au long d'une bonne flopée de disques. Ce premier album reste néanmoins mon préféré, savant mélange de bruits et de mélodies mis en tubes.


C'est aussi un album qui touche au death rock, mais avec une approche heavy que ne renierait pas les Melvins. Beauté. (Ph)


samedi 17 décembre 2016

Le roman charmant de 2016

Ou comment y'a plein de bons disques et cassettes sortis cette année. Petit point sur les bijoux à ne point rater.

 And Also The Trees - Born Into The Waves


14ème album du groupe, autrefois produit par Laurence Tholhurst de Cure. Pas une ride. Au contraire. Un album pur, inspiré, passant de la folk au post-punk tranquille, comme posé loin du tumulte. Avec Magazine et Wire, la vieille garde montre qu'elle en a encore sous le pied.



Antiguo Régimen - Naturaleza Fractal


Magnifique post-punk catalan très orienté guitare. Article du 16/09/2016




Behavior - 375 Images Of Angels


Forme de combat primaire de la Californie. Article du 4/06/2016





Black Marble - It's Immaterial


Second album pour ce groupe de NYC qui porte assez bien son nom : le disque est gavé de synthés cold et d'ambiances grisâtres qui rappellent Manchester, suivez mon regard. 


Death Index - Death Index


Un side-project bruyant de Merchandise, avec Carson Cox au chant. Le disque me parait encore inégal, mais la face B envoie sa tendresse avec constance. C'est une voie que Merchandise aurait pu prendre...




Exploded View - Exploded View



Aux confins de la new wave et du blues, Exploded View poursuit sur les bases de Lorelle Meets The Obsolete. ça shoegaze à mort dans des tons entre rose pâle et noir foncé. Suicide au petit jour, quoi.


FEHM - Circadian Life


Ce trio, originaire de Leeds, patrie des Sisters Of Mercy, prouve encore une fois tout le savoir-faire britannique en matière de rock. Celui-ci se décline goth, légèrement post-punk, je pourrais citer une dizaine de chouettes influences que m'évoquent cet EP. Il pourrait annoncer un très bon album à suivre.


Future Of The Left - The Peace & Truce Of Future Of The Left



Je découvre ce groupe avec ce qui semble être leur 8ème album. D'accord. Mon radar déconne ou quoi ? En tout cas Future Of The Left me rappelle furieusement Rye Coalition ou Shellac. Ce disque offre un panel de morceaux et de styles assez large, tout en restant bien cohérent.


Les Tigres Du Futur - Collection Illusions Sonores Vol. 2



Sons et lumières de Paris. Article du 16/09/2016.



Malaïse - Hearts Of Darkness



Stupeurs et tremblements dans le noir. Article du 26/07/2016.



Merchandise - A Corpse Wired For Sound



Le groupe de Floride reste la base des enfants du rock 2016 pour P&C. Le nouveau disque était attendu, il n'a point déçu, enfilant les passages sur la hi-fi. J'imagine Morrissey un peu jaloux de la fougue, de l'entrain de cette jeunesse qu'il a lui-même un peu perdu.


Naked Lights - On Nature


Le 3ème album de ce groupe de Oakland montre une progression de leur punk très angulaire vers un territoire occupé. Je crois entendre l'influence de Dazzling Killmen, avec des bouts de Wire pour faire bonne mesure. Un incontournable de l'année 2016, dans les tous meilleurs disques, sur le label de John Dwyer de Thee Oh Sees.




New Politicians - Remission


Peu d'info sur ce disque réédité sur l'excellent label russe Other Voices. Paru à l'origine en 2015 en tirage serré sur le propre label du groupe dans le New Jersey, je le mets quand même dans les disques 2016. Peu importe. Il est plein d'une excellente musique alternative, influences new wave en avant, avec une pointe de Cold Play dans la voix.


Preoccupations - Preoccupations


Le nouveau disque des ex-Viet Cong était bien entendu guetté et attendu. Il m'a surpris par un retour aux sources cold, façon Joy D / early New Order quand je les voyais plus à l'aise dans un monde garage psychédélique. Je trouve l'album inégal, pas complètement génial, mais il comporte ses moments de bravoure.




Rakta - III


Si le 1er album des Brésiliennes de Rakta ne m'avait pas plus bouleversé que ça, ce second opus offre à mon goût une bien meilleure mouture. Le disque est puissant, bruyant, répétitif, il invite à la transe comme on dit chez Mr Shaman. Un tout bon de 2016.




Ritual Howls - Into The Water


Autre album tant guetté, le 3ème opus de Ritual Howls me laisse un peu sur ma faim, il ne surpasse pas les deux précédents qui sont, il faut le dire, au top du style. Reste une bonne galette qui glisse toute seule.


Rosalux - Rosalux


Cold Cold Cold Argentina. Article du 10/10/2016.




Sculpture Club - A Place To Stand


Pas forcément le groupe post-punk le plus médiatique de la côté Ouest, mais ce trio respire l'authenticité et leur cassette passe et repasse en faisant taper le pied. Simple et efficace. Cet album devrait bientôt être pressé en vinyl.


Sinkhead - Sinkhead



Très bonne première démo pour ce groupe australien, qui place donc l'île-continent dans cette liste 2016. J'entends un bon vieux son à la Killing Joke sur les trois premiers morceaux, pas trop loin de Anasazi par exemple, quand le dernier titre explore un univers plus chaotique. Un quasi sans faute et un groupe à suivre.


Soft Kill - Choke


Le disque sans doute le plus attendu chez P&C en 2016, complètement traumatisé par Blessure Grave et les précédents disques de Soft Kill. Il constitue certes une bonne pioche, dans l'ensemble, mais n’enchaîne pas les tueries comme on aurait pu l'espérer. Valeur sûre néanmoins.

 

The Agnes Circle - Some Vague Desire



Très bonne surprise concoctée par Avant! qui place un disque dans mes favoris chaque année. Le petit air de Depeche Mode que je retrouve chez The Agnes Circle n'y est pas étranger. L'album, suave, berce et balance comme il se doit. 


The Fat White Family - Songs For Our Mothers


We must learn to rise. Article du 04/03/2016.


Total Victory - Vs. Big Electric


Vintage post-punk. Article du 4/12/2016.




Unity - Unity


Un second disque en provenance d'Oakland dans cette liste, le premier album de Unity traine sa nonchalance au long d'un album frais et subtil. Je ne saurais assez recommander cette galette, dans les tous meilleurs disques 2016. 






Wire - Nocturnal Koreans


Le frère siamois de l'album éponyme de 2015. Presque aussi bon. Toujours vaillants les anciens.



YOU. - Bouquet


Pochette en couleurs pour musique monochrome. Article du 17/09/2016.




dimanche 4 décembre 2016

Total Victory - Total Victory Vs Big Electric

Art difficile que de critiquer les sorties des labels des copains. Je peux parfois lire des chroniques qui me font penser à de la bienveillance aveugle. L'objectif est donc justement de rester objectif. 
Flo et Julien viennent d'éditer une compilation de EPs (Tour EP, If You Were There EP) d'un groupe anglais déjà remarqué, Total Victory.


J'ai accroché moyen sur les disques précédents. Sur celui-ci, je retrouve un son vintage, très calé dans les années 80, avec des sautes spatio-temporelles vers la décennie 2000, celle de Les Savy Fav et de Robocop Kraus. L'influence de Wire est indéniable, j'entends aussi quelques pointes de Magazine. 




Après plusieurs écoutes, je me dis que cette compilation ressemble tout à fait à un album, avec en prime une assez large variété de sonorités, un peu plus que sur le dernier album en date, National Service, que je vais de ce pas aller réécouter. Total Victory Vs Big Electric se trouvera sans doute dans la liste des bonnes pioches parues en 2016, liste sur laquelle je travaille encore mais qui ne devrait plus tarder. (Ph)

Israël Regardie - Tu N'es Personne EP

On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Israël Regardie, que je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir sur scène, est un groupe de vieilles connaissances lyonnaises qui tapent carrément dans le mille avec cette démo.


J'attendais beaucoup d'un éventuel album, mais depuis la parution de cette cassette en 2013, le groupe n'a pratiquement rien fait. C'est bien dommage, il y a un potentiel énorme, surtout du côté de la voix et des guitares. Une petit comparaison avec Blessure Grave me semble tout à fait opportune.
En espérant que la magie cabalistique frappe et que le groupe finisse par retrouver l'envie et l'inspiration pour finir l'album promis, voici quelques bluettes post-punk bien senties extraites de la démo. Très bel ouvrage d'ailleurs que cette cassette en emballage carton, qui se trouve encore dans quelques bonnes distros. (Ph)







lundi 21 novembre 2016

The Observers - So What's Left Now?

Paru il y a déjà plus de dix ans (2004), le seul et unique album de The Observers n'a pas pris une ride. 


Après avoir fait l'unanimité ou presque des chroniqueurs de Maximum Rocknroll, il s'agissait pour ce disque de bien vieillir et de rejoindre ceux des Wipers, de 7 Seconds ou de Rikk Agnew (Adolescents, Christian Death, Social Distortion, etc.) sur les étagères (ou le disque dur).
Point de cold wave dépressive ici, pas de synthé non plus. Tu retrouveras un punk sauce post, parfois rapide, mélancolique, tubesque à l'infini, pour ce qui est à mon goût un des meilleurs albums des années 2000. (Ph)


samedi 29 octobre 2016

Gold Class / Lunch / Branches / Sextile / Institute

Ces cinq albums découverts en 2016 rejoignent la liste déjà longue des meilleurs disques de 2015, qui comme toute bonne liste mérite d'être revue de temps en temps.


Gold Class - It's You (Felte)



Des accents Morrissey plein la bouche, la musique ronde et tonique des ces Australiens s'apparente à la new wave la plus rock.  Pour un début, It's You est un coup de maître. Fin, simple, inspiré. En plus le groupe assure sa mère sur scène, leur prestation parisienne constitue le meilleur concert que j'ai vu depuis longtemps, carrément.




Lunch - Let Us Have Madness Openly (Mass Media)



Ce disque fait suite à un premier album paru uniquement en cassette et déjà prometteur. Leur style a évolué d'un garage punk new wave à un post-punk plus sombre, terriblement groovy. La musique de Lunch ne se révèle pas tout de suite, je suis passé au travers à la première écoute, je ne trouve d'ailleurs pas la position des morceaux sur le disque très judicieuse. J'ai eu la surprise de découvrir dans l'équipe d'enregistrement des membres de Deathreat et de From Ashes Rise. Comme quoi, le hardcore punk mène à tout.



Branches - Old Forgotten Places (Branches)



Comme le suggère la pochette, les Italiens de Branches proposent un peu de fraîcheur par une cold wave qui ressemble un peu à celle de Drab Majesty, et donc de Gary Numan et de Tubeway Army : du synthé planant, de la chaloupe dans le rythme, des harmonies vocales bien senties. Old Forgotten Places s'impose peu à peu, au fil des écoutes, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on le connait par cœur. Un incontournable de 2015 difficile à trouver, même pas dispo en vinyle. Quel dommage !




Sextile - A Thousand Hands (Felte)




Paru sur l'excellent label Felte, ce disque aurait aussi pu être publié par In The Red tant les influences garage restent présentes. Mais on a affaire ici à une forme sophistiquée, presque noise, qui me rappelle Protomartyr par moment. L'album me fait taper du pied du début à la fin, les morceaux s'accrochent à mes neurones comme une infection. Tout à fait le genre de groupe dont je me délecterais sur scène, à condition qu'il n'y ait pas trois groupes de pop parisiens qui jouent avant...




Institute - Catharsis (Sacred Bones)



Un des deux disques de cette liste, avec le Lunch, sur lequel je n'ai pas flashé à la première écoute. Heureusement pour moi j'y suis revenu plus tard, et si cet album est moins génialement cru que les premiers EP du groupe, il s'installe tranquille et je me demande aujourd'hui comment j'ai fait pour passer à côté tellement c'est évident que nous tenons là un magnifique joyau post-punk. Feel like dancing? (Ph)



samedi 15 octobre 2016

Soft Kill - Heresy

L'année 2016 pourrait bien être celle de Soft Kill. On vous a déjà présenté le premier album. Voici la suite.



Six titres sur cet LP qui va à l'essentiel. Il s'ouvre en grande pompe avec un morceau baptisé Grand View, aux accents très pop British. Le meilleur reste à venir. Violent Mind bascule dans la coldwave comme ils savent si bien la faire et lance le disque définitivement. Selfish Love et Heresy sortent aussi du lot. Tu les retrouveras au rayon tuerie.






En août 2016 est aussi parue une cassette six titres : Feel Of The Knife - Cercle Social records, avec des versions inédites de morceaux déjà connus, dont une splendide reprise de Cure, The Figurehead sur l'album Pornography.



2016 toujours, on devrait avoir droit à un autre album à paraître sur le très métal Profound Lore. Les premiers morceaux s'annoncent très pop. A suivre. (Ph)




lundi 10 octobre 2016

Rosalux - Rosalux

Y'a un paquet de trucs actuels que j'ai pu découvrir grâce à Dave Cantrell. En plus d'organiser des concerts et un festival, le gazier dénonce un max de bons groupes, comme Rosalux.



Cet album, paru uniquement en cassette sur un label argentin, se pose délicatement dans un tourbillon de neige. Cold wave. Peu importe l'étiquette, seul compte le son. Celui de Rosalux dépasse largement toutes mes espérances. Bien sûr on entend parfois les Cure à l'horizon, mais je suis pas du genre que ça dérange. Je dirai même que c'est un peu ce que je cherche.



L'album compte neuf morceaux et pas de remplissage. Il glisse de bout en bout avec des moments remarquables comme le titre en collaboration avec Jamie Stewart de Xiu Xiu.


De la Turquie à l'Islande en passant par le Canada, l'Argentine, la Russie, l'Australie, le post-punk est joué partout. Si les références, souvent les mêmes groupes anglais, ne varient guère, les nouvelles moutures proposent des saveurs diverses et variées en incorporant leur propre culture. Tant mieux pour nous, ça laisse de la place pour la surprise.
Les textes de Rosalux s'écrivent et se chantent en Espagnol, ce qui peut rappeler un petit côté New Wave de Paralisis Permanente ou de Claustrofobia, mais finalement je les trouve plus proches de ces groupes actuels qui fleurissent partout tels des chrysanthèmes sauvages. Et je te laisse juger par toi-même avec l'album en entier. (Ph)


dimanche 9 octobre 2016

The Jesus And Mary Chain ‎- Barbed Wire Kisses

Étonnamment, mon disque préféré dans l'impressionnante discographie des frangins Reid est une compilation de singles, de faces B et autres morceaux rares et reprises lo-fi



Je n'irai pas jusque définir leur musique puisqu'ils sont inclassables, utilisant sans vergogne différents codes. Punk, shoegaze, surf rock, no wave, tous passent à la moulinette et en ressortent habillés pour l'hiver. Si tu ne connais pas du tout The Jesus And Mary Chain, disons qu'ils font le pont entre Suicide et My Bloody Valentine, pour citer quelques autres références. Attends-toi donc à un niveau de feedback assez élevé, à du rock tantôt fainéant, tantôt acide, souvent maussade, toujours captivant.



A la différence des deux albums magiques Psychocandy et Darklands, Barbed Wire Kisses présentent des facettes plus roots, dépouillées, assez proches du Live. C'est un disque inépuisable, que j'ai écouté un nombre invraisemblable de fois depuis sa sortie. Comme la compil' des Sisters Of Mercy "Some Girls Wander By Mistake", elle prend des allures de best of des jeunes années du groupe. La voici dans son entièreté. (Ph)


dimanche 18 septembre 2016

Nightland - Nightland

Une bouteille jetée à la mer... c'est l'effet que me fait cette démo : visiblement ce sera la seule production de ce groupe de New Orleans, dont le bassiste s'est barré et qui galère plus ou moins depuis. 


Remerciement au blog Stench Of Death où j'ai chopé la chose digitalisée avant de creuser pour me procurer l'objet en vrai. Car j'ai adoré. Pas qu'un peu. En boucle. 



L'appellation contrôlée post-punk gothique reconnue, Nightland ne serait pas ridicule sur une affiche avec Anasazi ou Soft Kill en première partie de Killing Joke. Ce serait même carrément une tuerie. (Ph)

samedi 17 septembre 2016

YOU. - Bouquet

YOU. est originaire des Etats-Unis et officie depuis 2009. D'un registre electro plutôt minimaliste au départ, leur style a évolué dans un registre plus new wave (guitare/basse/synthé/batterie programmée).


Le précédent LP Sunchaser sorti en 2014 sur Dais records nous avait mis une claque, avec ce nouvel LP sorti sur le label italien AVANT!, YOU. nous offre un Bouquet d'une très belle composition. Le parfum reste le même et ce disque distille une synth wave des plus agréables.
Le disque attaque par un instrumental de 5 mn assez sombre et lourd puis oscille ensuite entre des titres calmes et des titres plus énervés au beat soutenu et entêtant. A l'image de Graveyard Method Actor :



Bouquet me fait beaucoup penser à Total Control. D'ailleurs, sur tout le disque, je retrouve l'esprit de ce groupe. De l'énergie, de la tension et de l'émotion qui passe fortement par la voix de Trever Millay et ses textes introvertis et parfois torturés. Comme sur The Chase :

i know this feeling
so familiar every time
and every move we try to take back
falls empty
and then we climb


Hmm ça frôle le Joy Division. Et les morceaux s'enchaînent sans fausse note. Sincèrement, je trouve ce disque entièrement bon, l’explication est peut-être aussi dans les crédits et les invités (dont Jay Hough de Gogogoairheart héhé) : un disque réalisé et composé à plusieurs. La seule épine dans ce Bouquet serait la durée trop courte à mon goût. Je les attends pour une tournée européenne! (El)



Polyrock - Changing Hearts

Il aura fallu des années et une compilation avec Bow Wow Wow, le second groupe managé par Malcolm McLaren, pour que je pose enfin les oreilles sur ce groupe. New York New Wave, Polyrock sonne quelque part entre Wall Of Voodoo et Roxy Music, entre les Cars et Wire. Poussés par une rythmique exemplaire digne de la scène noise de Chicago, transcendés par des synthés produits par Philip Glass, rien que ça, ils ont fait deux albums. Ma préférence va au second.


Avec Glass aux commandes, le son est résolument moderne et les disques n'ont pas vieilli. J'ai lu beaucoup de comparaisons entre Polyrock et les Talking Heads, et je me demande bien pourquoi : ils sont à l'opposé du spectre New Wave. On peut aimer les deux, mais les différences sont significatives. Polyrock a une approche plus froide, minimale et pop de la musique. On pourrait presque parler de darkwave à guitare.


Si tu as écouté les derniers Wire, en particulier le tout dernier Nocturnal Koreans, tu noteras des similitudes, bien audibles sur Like Papers On A Rack.






Pour moi, Polyrock était en avance sur son temps. D'où peut-être leur relative confidentialité. Ce genre de chose est toujours difficile à expliquer. Le groupe continue de susciter la passion trente cinq ans après. Je ne serai pas surpris, mais ravi, d'entendre quelques reprises de Polyrock ça et là sur des albums en 2016.



Grâce au web, le disque n'est pas (plus) difficile à trouver, il se brade à 5 euros comme pas mal de disques passés sous le radar. Une pierre angulaire qui ne coûte pas un bras, c'est assez rare. (Ph)



vendredi 16 septembre 2016

Antiguo Régimen - Naturaleza Fractal

Découvert via le toujours-parfait blog Mind Disease, Antiguo Régimen présente un son post-punk classique sur le deuxième album Naturaleza Fractal.



Comme son prédécesseur, il faut se pencher doucement sur ce disque, sans trop lui en demander. Les hits ne vous sautent pas à la gueule. L'album révèle subtilement sa substance, un peu à la manière des Italiens de Branches par exemple. 


Je kiffe particulièrement les petits riffs précis et nerveux qu'on trouve tout le long du disque. J'aime aussi l'habillage dépouillé, sans concession, de la musique : simple, presque translucide.



Le label espagnol BFE (anciennement Burka For Everybody, et encore avant Carmen Diablo Records) se démarque par la qualité de ses productions. J'écoute tout ce qu'il sort et j'aurais aussi pu te parler de Coàgul ou de Wind Atlas, dans des registres à la fois proches et différents. ça sera pour une autre fois. (Ph)





Les Tigres Du Futur - Collection Illusions Sonores Vol. 2

Une nouvelle excellente compilation concoctée par le sieur Castagneri. Tu l'aimeras d'autant plus si tu as vu des films comme "La planète des sables humides", "Dragster-zombies" ou "Passe-moi le sel, Adolphe". Il faut souligner le travail remarquable de recherche de ces morceaux rares et perdus.



Je déconne. Bien sûr, l'ambiance 70's et 80's de cet album est réelle, mais elle est le fruit de quelques passionnés amateurs de formol et de séries Z, dont mon vieux pote Mamas. Ils ont décidé de recréer les atmosphères musicales particulières à certains films. Pour mieux porter la cinématique de la musique, les Tigres Du Futur la joue instrumentale. On retrouve quelques samples qui renforcent le décalage spatio-temporel. 


Les Tigres Du Futur ne se laissent pas enfermer dans un style. Il ne manquerait plus que ça ! Non, leur seul credo, c'est le fun, le délire. Alors toute musique qui a pu illustrer une scène d'action impitoyable, d'amour osée, ou de science-fiction mal cadrée peut se trouver sur leur chemin : surf, garage, darkwave, kraut, avec un goût certain pour la zik progressive ou psychédélique.


Les Tigres Du Futur, comme les Pigeons et Corbeaux, ne veulent pas d'une cage dorée. Libres d'aller là où ils veulent, sans autre justification que le plaisir. (Ph)

vendredi 26 août 2016

Pig Eyes - Pig Eyes (2nd album)

Quand un groupe se déclare inspiré par Pink Floyd, Iron Maiden et Butthole Surfers et qu'il joue avec deux batteurs, soit ce qu'il fait est absolument mauvais et tu pries Odin de ne jamais reposer les oreilles dessus, soit la magie opère et Odin est content.



6 morceaux et une demi-heure de plaisir sur ce second album de Pig Eyes dont le premier ne m'avait pourtant pas tellement plu. Quel changement ! Leur musique est beaucoup plus aboutie, basculant du monde stoner rock au post-punk, avec ça et là des bribes déjà entendues mais jamais assemblées de la sorte. Le premier morceau Dirge, sonne assez noise. Le second, tout en finesse, s'aventure jusque la B.O. étrange que ne renierait pas Wire. Le quatrième, Silver Dad, le plus puissant, ouvre les portes du Valhalla sludge.
Difficile de choisir, encore. Alors voilà l'oeuvre en entier. (Ph)


jeudi 25 août 2016

Parade Ground - Rosary

Fondé dans les années 80 par les frangins Pauly, le groupe existe toujours et Parade Ground sort plus ou moins souvent du bois pour livrer un bout de musique.



Ce Rosary n'est pas si vieux. Il date de 2007. Il s'écarte de la piste EBM / synth pop / post-punk tracée jusque là pour explorer des mondes moins faciles d'accès, aux relents industriels dont les émanations ont des effets psychédéliques.


Ce Happy At All est presque le morceau le plus dansant du disque. On plonge franchement dans une zone de textures sonores impopulaires et rêches au fil de l'album. Je suis pourtant envoûté comme devant un dessin de Giger.



Je n'ai pas trouvé de streaming complet pour ce disque, tu feras peut-être mieux que moi. Sinon, tu peux toujours acheter le CD... Par contre je suis retombé sur une compilation de leurs premières années plus post-punk. Juste . (Ph)
 


mercredi 24 août 2016

Blue Krishna - Repeat Until Death

Chopée en même temps qu'une cassette de Ritual Howls, cette intrigante démo oscille entre le shoegaze de The Jesus & Mary Chain et une dark wave plus minimale, avec quelques touches neo folk sur certains morceaux. 



Side-project de Body Of Light, Blue Krishna se distingue par une approche plus organique, plus sensible, qui me plait d'avantage. 




Il existe une autre cassette de Blue Krishna, Youth In Chains, très chouette également. Malheureusement pas facile à trouver, elle se déclinerait très bien en vinyle je trouve. J'adore le premier morceau en particulier. Il me donne envie de voyager. (Ph)



vendredi 19 août 2016

The Cure - The Top

Tu seras peut-être surpris d'appendre que mon album préféré de Cure est The Top, à peu près à égalité avec Pornography. 



The Top n'a pas spécialement bonne réputation, trop coloré pour certains, trop sombre et violent pour d'autres, c'est un disque que j'avais beaucoup de mal à passer en soirée, les copains / copines préférant Three Imaginary Boys ou The Head On The Door. Finalement, j'y reste vachement attaché. V'là les titres sur le disque, que du très bon : 

Shake Dog Shake 
Birdmad Girl 
Wailing Wall 
Give Me It 
Dressing Up 
The Caterpillar 
Piggy In The Mirror 
The Empty World 
Bananafishbones 
The Top

Ces morceaux ont pour moi tous une gueule de classiques, de vraies chansons qui se distinguent toutes les unes des autres avec chacune une identité forte, un son barge, parfois à la limite du psychédélisme. Avec comme point culminant The Empty World.


Quoique Give Me It envoie bien aussi.



L'album se termine dans un fatras dépressif où Robert Smith excelle. The Top, le morceau, représente ce qu'on fait de mieux en dark wave, comme si la chanson était hantée. Le refrain a beau simuler un sourire, la douche glaciale reprend à chaque couplet. 


Comment ne pas réécouter le Mur des Lamentations (Wailing Wall), maelstrom de sons lacérés, de chorus impeccable, de texte mystique ?

And on and on as the night drew in
Through broken streets 
That sucked me in
My feet were bare and cut with stones
With walking to the promised land



Juste la base. (Ph)








lundi 15 août 2016

Drab Majesty - Careless

Californie toujours. Deb DeMure n'en est pas à son coup d'essai. En quatre ans, il a sorti plusieurs EPs avec son projet solo Drab Majesty, mais avec son premier album Careless (Dais Records 2015) il enfonce le clou au-delà du raisonnable. Je suis scotché.



Si la production générale du disque m'a immédiatement rappelé Depeche Mode, en creusant le disque j'ai noté de bonnes similitudes avec d'autres dinosaures des 80's comme Clan Of Xymox, The Essence ou Mary Goes Round. Et avec le grand Gary Numan bien sûr.


Il suffit de dépasser le côté certes générique du son de Drab Majesty pour s'apercevoir de la qualité de composition. Très peu de chansons anecdotiques sur le disque. Pas de monotonie non plus. L'album est riche et passe facilement le cap des vingt écoutes, sans me lasser. 



Il existe même un CD discographique de Drab Majesty au cas où tu veuilles creuser ses premiers travaux. Dais records toujours. (Ph)


mercredi 10 août 2016

Second Still - Early Forms

De la bonne cassette en provenance de Californie pour poursuivre la fiesta. Musique sombre, guitare pleine de chorus, timbre de voix façon Swann Danger, voici quelques éléments plaisants. Les quatre morceaux sur la démo présentent bien.


J'ai découvert ce groupe sur un flyer d'un concert avec Soft Kill et j'ai écouté par curiosité. 


Froid, dépouillé, strident, intemporel. Mon morceau préféré se cache à la fin de la cassette. Le son de basse à la Simon Gallup me tue.



Problème : je ne peux pas mettre des morceaux tirés de cassettes sur mes mixtapes. Je ne peux mettre que du vinyle. Il faudra qu'un gentil label presse cette démo ou que je trouve une solution. On en reparle bientôt. (Ph)