mercredi 19 juillet 2017

Coïtus Int. - Coïtus Int.

En 1981, la Hollande aussi vivait une révolution musicale. Les autoproductions fleurissaient dans tous les styles. Coïtus Int. faisait paraître son premier album, sorte de mix entre Joy Division et Père Ubu. Amen.


Longtemps introuvable, il y a été réédité en 2010 en CD par Infrastition puis en vinyle en 2014 par Bunkerpop. Un double coup de projecteur sur un disque oublié. Coïtus Int. ne cultivent pas le tube, ils sont plutôt à la recherche de l'ombre, un peu comme Bauhaus ou The Fall. Sans fioriture.


Dans le jargon de collectionneurs, on dira que cet album est un pur disque, par son côté obscur et par l'évidence de sa qualité. Il sonne très actuel. Pas une ride. Juste un brin de poussière qui était là au départ, chimiquement testée.



Deux autres albums et une fine liste de concerts n'auront pas suffit à les faire connaitre d'avantage, mais il n'est jamais trop tard pour se rattraper. (Ph)


mardi 18 juillet 2017

Century Palm - Meet You

Je n'avais pas été très impressionné par le premier 7" de Century Palm, déjà sur Deranged recs. Je l'avais même trouvé assez quelconque. J'ai quand même décidé de donner sa chance à l'album qui a suivi et qui vient de sortir. Bingo !


Century Palm a une approche pop du post-punk, infiniment mélodique tout en restant tranchant. Le disque offre une bonne variété de tons, on s'y enfonce petit à petit et quelques chansons sortent du lot. A une ou deux exceptions près, elles me captent et donnent envie d'y revenir.


Lâchons des noms pour la foule : Total Control, Gold Class, Behavior, Total Victory. Quelque part dans ce coin. J'aime particulièrement quand la musique prend un tour légèrement acide dans le morceau phare de l'album pour moi : Sick Of It.


Une galette à conserver et à creuser, qui éventuellement se retrouvera dans la liste des favoris de 2017 dans quelques mois. (Ph)

lundi 17 juillet 2017

This Cold Night - While I Disappear

Conduit par l'unique Chase Morledge, This Cold Night avance à pas de loup, sortant disques et cassettes en séries très limitées. Heureusement maman Bandcamp veille.


Si tu as aimé Garden Of Mary, il se peut que tu retrouves un feeling identique. L'origine texane peut-être ? Ou bien le format, cassette 5 titres ? Aucun remplissage, tous les morceaux sont excellents, respectant la dramaturgie post-punk de la darkness avec un grand talent, comme sur ce Wings Of Regret.


J'imagine que, comme moi, tu te mets à comparer avec des vieux trucs, ou des groupes récents, en particulier de la scène américaine actuelle, Soft Kill et Drab Majesty en tête. Il y a de ça, beaucoup de finesse, des harmonies ténébreuses ou lumineuses, selon l'instant. L'alchimie n'est pas facile, j'entends plus souvent du mauvais goth rock dans ce genre, mais là, c'est parfait.


Les morceaux de la cassette sont depuis parus sur une compilation éditée en LP par Dead Wax records. Le disque est malheureusement épuisé, un repressage serait bienvenu en attendant la suite de l'aventure. (Ph)

dimanche 9 juillet 2017

The Mob ‎- Let The Tribe Increase

Cet unique album de The Mob, groupe du Sud-Ouest de l'Angleterre, aurait pu intégrer la liste de la Second Wave 1982-1986. Personne n'aurait crié au scandale.


En décembre 1982, après quelques singles DIY sur All The Madmen Records ou Crass Records, Mark Wilson enregistra en trio ces chansons qu'il traînait depuis la démo, mais cette fois avec un peu plus de moyens. Sa voix parfois approximative l'inscrit de facto dans la veine punk, mais musicalement on est plus près de Desperate Bicycles, de Patrick Fitzgerald, voire de Blitz qui en 1983 sortait Second Empire Justice. Je ne sais pas si le fait d'avoir un peu usé les chansons avant de les enregistrer fait toute la différence, mais il n'y a quasi que des hymnes sur cet album. A commencer par Gates Of Hell qui ouvre la face B.



Pas de trace de hardcore dans la zik de The Mob, malgré les apparences. Le message passe dans différentes atmosphères, rythmées ou plus calmes. Me rappelle parfois Amebix, sans le heavy metal.



The Mob est souvent associé à la scène anarcho-punk de Londres, sans doute à cause de ses textes. Wilson interroge le futur, montre ses peurs. 

Our life our world mapped out in scars
Carved in wrists and back of arms
Which paint in blood on sheets of white
Of children never quite at home
Our life our world flows down rivers in the street
Made up of blood, made up of meat
Cigarette burns in tortured arms
Cigarette burns on tortured arm
Slowly roasting in the heat of...

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

Our life our world
Lost scream hits the cold night air
Lost scream lost 'cause no one was there
This is the crying of half dead
This is the crying of stillborn
This is the sound of the golden age
This is the sound of my rage

Our life our world
Our life our world 
My life my world
Our life our world

This is my horror, my nightmare
This is my waking, my birth
This is my world and my earth
This is my earth and my world
This is my life and my worth
This is my moment of birth
This is my crawling from chaos
Now I have risen from ash
This is the glimmer of hope
This is the wall I must smash

Our life our world
My life my world
Our life our world
Our life our world
My life my world
Our life our world
My life my world
Our life our world

I'm alive, frozen, futile
You're not alive but, you're warm
You haven't suffered no nightmares
And you cannot spell harm
This is my love now
And this is my war
Do not suffer my children
Let them walk through that door
This is my nightmare
Built from your hell on earth
Do not damage my children
They are their love on earth 
Leave my world for my children
They didn't ask to be born
Leave my love for my children
And let them be warm



Le disque, qui était chaud à trouver, a été repressé en 2011 par Overground records. Tu n'as plus d'excuse. (Ph)

mercredi 5 juillet 2017

2015 post-punk selection

Mise à jour de la liste parue l'an passé, sorte de mixtape sans la tape avec des extraits des meilleurs disques de 2015. Je me suis arrêté à trente, c'est déjà pas mal.


Anasazi – Nasty Witch Rock
Branches - Old Forgotten Places
Broken Water ‎– Wrought
Cairo Pythian ‎– Touched
Chain Of Flowers - Chain Of Flowers
Cocoonitude ‎– Cocoonitude
Dawn Of Humans ‎– Slurping At The Cosmos Spine
Decades/Failures ‎– G00DBY3
Diät – Positive Energy
Drab Majesty ‎– Careless
Gold Class – It’s You
Institute – Catharsis
Kitchen's Floor – Battle Of Brisbane
Lakes – Arms In Twilight
Lunch – Let Us Have Madness Openly
Mansion ‎– Early Life
Nite Fields ‎– Depersonalisation
Protomartyr ‎– The Agent Intellect
Rhythm Of Cruelty ‎– Saturated
Rule Of Thirds – Rule Of Thirds
Sextile – A Thousand Hands
She Past Away – Narin Yaln
Soft Kill – Heresy
Sufjan Stevens ‎– Carrie & Lowell
Vietcong – Vietcong
Wand – Golem
Whatever Brains - 4th LP
Wild Moth ‎– Inhibitor
Wind Atlas – Lingua Ignota
Wire – Wire

La super selection est . (Ph)

lundi 3 juillet 2017

She Past Away - Narin Yaln

Sais-tu comment on dit Soft Kill en turc ? ça se dit Yumuşak öldürmek. On peut aussi le prononcer She Past Away.


Paru en 2015, Narin Yaln fait suite à un excellent premier album, Belirdi Gece. Assez peu de choses les séparent, peut-être quelques détails, un peu plus de sophistication dans le second album qui inscrit définitivement She Past Away dans la veine darkwave. Le disque suit un chemin linéaire, monocorde, nuit noire sous la pluie. Étrangement reposant.


L'utilisation des beats et de la guitare est carrément prodigieuse, à la fois classique et suffisamment créative pour m'intéresser et me plaire. La voix tonne tout à fait goth, avec un traitement qui fait parfois penser à des groupes comme Neon Judgement. Mon oreille n'est pas habituée sans doute mais le chant en turc sonne parfois bizarre, je trouve sa texture un peu sèche et pas toujours en accord avec la musique. A d'autres moments au contraire, c'est l'accord parfait.


Les deux albums méritent le détour. Ils sont bien sûr en bonne place dans la discothèque P&C. (Ph)


samedi 24 juin 2017

2014 en 20 disques

Où comment se faire plaisir en ressortant des galettes qui s'ennuient sur les étagères. Peu de groupes de majors dans cette liste, mais une tripotée de jolies bêtes qui auront laissé une superbe trace sous la forme de deux gracieux sillons. Sauf pour l'intrus cassette.

Crisis - Kollectiv


Une compilation pour commencer. Ce double LP rassemble les trois premiers 7" de Crisis, précurseurs du post-punk et dont les membres sont allés former Death In June et Sol Invictus, entres autres. Le genre de réédition complètement indispensable si tu veux mon avis.





Delacave - Run Straight To Them And Grunt


Favori absolu dans une scène actuelle riche et dense, les Delacave ont un style assez personnel, une cold wave minimale qui ne renie pas ses origines garage rock. Ils ont surtout un talent étonnant pour écrire de bonnes chansons. Ce second LP en est pétri. Très peu d'albums français me font cet effet là. Ce disque de Delacave est malheureusement presque impossible à trouver. J'ai fini par choper une copie d'occaz' aux US. Un repressage les gens ?




Dream Police - Hypnotized


Side-project de The Men, Dream Police propose une lecture personnelle du neofolk, option super cool. Le genre de disque qui se mérite. Il faut aller au bout des deux faces pour s'en convaincre. Les morceaux s’enchaînent, le temps devient fluide, même le ciel danse. 




Fountain - Fountain



Voici donc l'intrus, la cassette au milieu des vinyls. De bonne facture la cassette, même si j'aurais volontiers investi quelques brouzoufs dans un autre support. Le groupe est Canadien et on te l'avait présenté l'an passé. Les gars s'inspirent de Wire, de The Fall, de Chrome, de Richard Hell, de T-Rex. Y'a pire, carrément.




GG King - Unending Darkness


GG King, des défunts Carbonas. Oui madame. Du mauvais sang, plein la chemise. J'aime quasi tout ce qu'il fait, sauf avec les Gentlemen où il se fout un peu de la gueule du monde. J'aime quand il rock. Là, il est intouchable. Il faudra que je revienne sur les Carbonas quand même, un jour...



Gluebag - Confused


Magnifique réédition de l'album paru initialement en 2008 en cassette, il aurait été dommage que cette merveille de proto-punk reste aussi confidentielle. Quand j'ai eu le disque, j'ai du l'écouter dix fois en trois jours. La voix traînante et les mélodies rappées donnent un côté naturel à un genre qui peut vite sentir la naphtaline. Le Confused de Gluebag me donne juste envie de me décoller les hanches. Valeur sûre.




Hank Wood And The Hammerheads - Stay Home!!


Il se passe toujours quelque chose à New York. La bande qui gravite à Brooklyn autour de Toxic State records produit chaque année un ou deux disques essentiels, comme ce second album de Hank Wood. Je te l'accorde, on est un peu plus dans le punk que dans la wave. C'est un disque pour soirée tonique, pas pour faire la larve sur le canap'. Le premier album est tout aussi bon, Y'aura t-il une suite ?



Late Bloomer - Things Change



Le post-punk de ces jeunes ricains se pare de colorations pop-punk qui me rappellent parfois les Buzzcocks. Les Wipers aussi. Je t'ai déjà parlé de ce disque l'an passé, je l'aime toujours autant. Une suite devrait paraître cette année. Kif.




Lower - Seek Warmer Climes


J'avais adoré le single Someone's Got It In For Me. L'album est donc passé direct à la casserole. Dans les nuances et les méandres du disque, je me suis d'abord un peu perdu. Et puis les repères sont apparus plus nets. La musique de Lower a besoin d'un peu de temps, elle s'apprivoise. Elle symbolise aussi le renouveau du post-punk, affranchi et contemporain. A jouer juste après Viet Cong / Preoccupations.



Martial Canterel - Gyors, Lassú



Cas évoqué récemment dans P&C, ce disque est une petite merveille, très finement produite et dont l'écoute au casque seule révèle tous les secrets. On s'installe, on ferme les yeux, on est parti.




Martyrdöd – Elddop



Complètement inclassable, issu de la scène hardcore suédoise, Martyrdöd contraste avec ses congénères crustie par une approche progressive qui donne une ampleur magistrale à leur musique. Un peu comme un Tragedy qui aurait été au bout de ses idées. Les riffs de guitare emportent tout, façon High On Fire. Le disque me scotche encore à chaque écoute.



Merchandise – After The End



Troisième véritable album de Merchandise, une nouvelle étape est franchie avec la signature sur un gros indé. Le disque se révèle divinement produit, entre chatoyantes envolées et groove solide. Tout est juste, à la bonne place. Beauté fatale.





Nun - Nun


Les Kas Product auraient-ils essaimé jusqu'en Australie ? on pourrait le penser en écoutant Nun. Le disque passe toujours aussi bien trois ans après. Le futur album sera disséqué dès sa sortie, sois en sûr. 




Pig Eyes - Pig Eyes


Grande fantaisie que ce second album, qui couvre des styles divers et variés avec goût. On avait causé de lui l'an passé, t'en souviens-tu ? un vibrant mélange de stoner, de folk et de noise, ça ne s'oublie pas.




Protomartyr - Under Color Of Official Right


Un écho de Magazine venu de Detroit signait en 2014 un second signal fort. Comme le groupe anglais, Protomartyr use à propos de riffs tantôt minimaux, tantôt complexes, parachevés par une voix qui ne fait pas que chanter. J'aime beaucoup les textes de Joe Casey. Il sert les dents et avance en ligne.




Ritual Howls - Turkish Leather


Trois albums au compteur pour Ritual Howls, pas une faute de goût. Je cherche encore. Les gars ont le sens du blues, mais leur univers est moins bucolique que celui de Robert Johnson. On a affaire ici à une version urbaine de l'âge de Google. Le gars Nick Cave doit apprécier.




Savage Republic - Aegean


Les Californiens poursuivent leur oeuvre et ce Aegean constitue leur septième album depuis 1982. C'est un long disque constitué d'une vingtaine de chansons qui lorgnent souvent du côté de Wire, mais aussi de Killing Joke. Les vocaux se contentent du minimum, façon post-rockSorti initialement en CD, il a été pressé en vinyle par Nuit Et Brouillard à Lille. Voilà une idée qu'elle est bonne !




Total Control - Typical System


On voue un véritable culte à Total Control chez P&C. Maximale génuflexion. Difficile de résumer une religion en trois phrases. D'ailleurs, comment décrire un ressenti autrement que par des mots banals ? je ne peux que t'enjoindre à te faire ta propre idée si jamais tu n'étais pas déjà croyant.




Transfix - Transfix


Peut-être bien mon disque préféré sorti en 2014. Les deux albums suivants m'ont un peu déçu, mais celui-là, pfff... je l'ai creusé comme un nouveau Wipers. Il y a tout ce que j'aime sur cet LP, le meilleur du post-punk et du death rock.  La production minimale du disque est à l'image de ce qui se fait à Olympia d'habitude. On sent les racines folk. Maintenant un nouvel album arrive, il est en écoute ici




Whatever Brains - SSR-63 / SSR-64


Ce drôle de disque contient deux petits albums réunis par le label sans doute dans un souci économique. Ils sont d'ailleurs assez différents, entre vraies ambiances post-punk et bidouillages électroniques lumineux. Les Brains passent sans vergogne de la pop la plus soda à des univers plus intimes et plus sombres. Leurs disques sont des voyages inattendus dans des pays où la musique est libre d'aller où elle veut, sans forcément chercher à plaire. (Ph)