dimanche 18 septembre 2016

Nightland - Nightland

Une bouteille jetée à la mer... c'est l'effet que me fait cette démo : visiblement ce sera la seule production de ce groupe de New Orleans, dont le bassiste s'est barré et qui galère plus ou moins depuis. 


Remerciement au blog Stench Of Death où j'ai chopé la chose digitalisée avant de creuser pour me procurer l'objet en vrai. Car j'ai adoré. Pas qu'un peu. En boucle. 



L'appellation contrôlée post-punk gothique reconnue, Nightland ne serait pas ridicule sur une affiche avec Anasazi ou Soft Kill en première partie de Killing Joke. Ce serait même carrément une tuerie. (Ph)

samedi 17 septembre 2016

YOU. - Bouquet

YOU. est originaire des Etats-Unis et officie depuis 2009. D'un registre electro plutôt minimaliste au départ, leur style a évolué dans un registre plus new wave (guitare/basse/synthé/batterie programmée).


Le précédent LP Sunchaser sorti en 2014 sur Dais records nous avait mis une claque, avec ce nouvel LP sorti sur le label italien AVANT!, YOU. nous offre un Bouquet d'une très belle composition. Le parfum reste le même et ce disque distille une synth wave des plus agréables.
Le disque attaque par un instrumental de 5 mn assez sombre et lourd puis oscille ensuite entre des titres calmes et des titres plus énervés au beat soutenu et entêtant. A l'image de Graveyard Method Actor :



Bouquet me fait beaucoup penser à Total Control. D'ailleurs, sur tout le disque, je retrouve l'esprit de ce groupe. De l'énergie, de la tension et de l'émotion qui passe fortement par la voix de Trever Millay et ses textes introvertis et parfois torturés. Comme sur The Chase :

i know this feeling
so familiar every time
and every move we try to take back
falls empty
and then we climb


Hmm ça frôle le Joy Division. Et les morceaux s'enchaînent sans fausse note. Sincèrement, je trouve ce disque entièrement bon, l’explication est peut-être aussi dans les crédits et les invités (dont Jay Hough de Gogogoairheart héhé) : un disque réalisé et composé à plusieurs. La seule épine dans ce Bouquet serait la durée trop courte à mon goût. Je les attends pour une tournée européenne! (El)



Polyrock - Changing Hearts

Il aura fallu des années et une compilation avec Bow Wow Wow, le second groupe managé par Malcolm McLaren, pour que je pose enfin les oreilles sur ce groupe. New York New Wave, Polyrock sonne quelque part entre Wall Of Voodoo et Roxy Music, entre les Cars et Wire. Poussés par une rythmique exemplaire digne de la scène noise de Chicago, transcendés par des synthés produits par Philip Glass, rien que ça, ils ont fait deux albums. Ma préférence va au second.


Avec Glass aux commandes, le son est résolument moderne et les disques n'ont pas vieilli. J'ai lu beaucoup de comparaisons entre Polyrock et les Talking Heads, et je me demande bien pourquoi : ils sont à l'opposé du spectre New Wave. On peut aimer les deux, mais les différences sont significatives. Polyrock a une approche plus froide, minimale et pop de la musique. On pourrait presque parler de darkwave à guitare.


Si tu as écouté les derniers Wire, en particulier le tout dernier Nocturnal Koreans, tu noteras des similitudes, bien audibles sur Like Papers On A Rack.






Pour moi, Polyrock était en avance sur son temps. D'où peut-être leur relative confidentialité. Ce genre de chose est toujours difficile à expliquer. Le groupe continue de susciter la passion trente cinq ans après. Je ne serai pas surpris, mais ravi, d'entendre quelques reprises de Polyrock ça et là sur des albums en 2016.



Grâce au web, le disque n'est pas (plus) difficile à trouver, il se brade à 5 euros comme pas mal de disques passés sous le radar. Une pierre angulaire qui ne coûte pas un bras, c'est assez rare. (Ph)



vendredi 16 septembre 2016

Antiguo Régimen - Naturaleza Fractal

Découvert via le toujours-parfait blog Mind Disease, Antiguo Régimen présente un son post-punk classique sur le deuxième album Naturaleza Fractal.



Comme son prédécesseur, il faut se pencher doucement sur ce disque, sans trop lui en demander. Les hits ne vous sautent pas à la gueule. L'album révèle subtilement sa substance, un peu à la manière des Italiens de Branches par exemple. 


Je kiffe particulièrement les petits riffs précis et nerveux qu'on trouve tout le long du disque. J'aime aussi l'habillage dépouillé, sans concession, de la musique : simple, presque translucide.



Le label espagnol BFE (anciennement Burka For Everybody, et encore avant Carmen Diablo Records) se démarque par la qualité de ses productions. J'écoute tout ce qu'il sort et j'aurais aussi pu te parler de Coàgul ou de Wind Atlas, dans des registres à la fois proches et différents. ça sera pour une autre fois. (Ph)





Les Tigres Du Futur - Collection Illusions Sonores Vol. 2

Une nouvelle excellente compilation concoctée par le sieur Castagneri. Tu l'aimeras d'autant plus si tu as vu des films comme "La planète des sables humides", "Dragster-zombies" ou "Passe-moi le sel, Adolphe". Il faut souligner le travail remarquable de recherche de ces morceaux rares et perdus.



Je déconne. Bien sûr, l'ambiance 70's et 80's de cet album est réelle, mais elle est le fruit de quelques passionnés amateurs de formol et de séries Z, dont mon vieux pote Mamas. Ils ont décidé de recréer les atmosphères musicales particulières à certains films. Pour mieux porter la cinématique de la musique, les Tigres Du Futur la joue instrumentale. On retrouve quelques samples qui renforcent le décalage spatio-temporel. 


Les Tigres Du Futur ne se laissent pas enfermer dans un style. Il ne manquerait plus que ça ! Non, leur seul credo, c'est le fun, le délire. Alors toute musique qui a pu illustrer une scène d'action impitoyable, d'amour osée, ou de science-fiction mal cadrée peut se trouver sur leur chemin : surf, garage, darkwave, kraut, avec un goût certain pour la zik progressive ou psychédélique.


Les Tigres Du Futur, comme les Pigeons et Corbeaux, ne veulent pas d'une cage dorée. Libres d'aller là où ils veulent, sans autre justification que le plaisir. (Ph)

vendredi 26 août 2016

Pig Eyes - Pig Eyes (2nd album)

Quand un groupe se déclare inspiré par Pink Floyd, Iron Maiden et Butthole Surfers et qu'il joue avec deux batteurs, soit ce qu'il fait est absolument mauvais et tu pries Odin de ne jamais reposer les oreilles dessus, soit la magie opère et Odin est content.



6 morceaux et une demi-heure de plaisir sur ce second album de Pig Eyes dont le premier ne m'avait pourtant pas tellement plu. Quel changement ! Leur musique est beaucoup plus aboutie, basculant du monde stoner rock au post-punk, avec ça et là des bribes déjà entendues mais jamais assemblées de la sorte. Le premier morceau Dirge, sonne assez noise. Le second, tout en finesse, s'aventure jusque la B.O. étrange que ne renierait pas Wire. Le quatrième, Silver Dad, le plus puissant, ouvre les portes du Valhalla sludge.
Difficile de choisir, encore. Alors voilà l'oeuvre en entier. (Ph)


jeudi 25 août 2016

Parade Ground - Rosary

Fondé dans les années 80 par les frangins Pauly, le groupe existe toujours et Parade Ground sort plus ou moins souvent du bois pour livrer un bout de musique.



Ce Rosary n'est pas si vieux. Il date de 2007. Il s'écarte de la piste EBM / synth pop / post-punk tracée jusque là pour explorer des mondes moins faciles d'accès, aux relents industriels dont les émanations ont des effets psychédéliques.


Ce Happy At All est presque le morceau le plus dansant du disque. On plonge franchement dans une zone de textures sonores impopulaires et rêches au fil de l'album. Je suis pourtant envoûté comme devant un dessin de Giger.



Je n'ai pas trouvé de streaming complet pour ce disque, tu feras peut-être mieux que moi. Sinon, tu peux toujours acheter le CD... Par contre je suis retombé sur une compilation de leurs premières années plus post-punk. Juste . (Ph)