samedi 18 novembre 2017

Short Circuit - Unterwelt

La darkwave minimale des Luxembourgeois de Short Circuit avait sombré dans le néant et le chaos de l'univers. Née à la mauvaise époque, dans un pays qui évoque plus les banques que le Korg pointu, elle flottait là, dans l'infini, perdue, quand soudain un bienveillant compagnon de la bonne chanson s'est mis en tête de la remettre sur orbite.



La dite orbite est passée près de mon oreille. Il faut dire que je suis d'assez près les sorties de Brouillard Définitif. En six titres l'affaire est emballée. Le groupe reprend Exercice One et Seventeen Seconds, de qui tu sais. A la fin de la première face, mes lèvres ont fait une espèce de prout de surprise satisfaite et admirative.


Short Circuit a malheureusement assez vite disparu de la circulation, mais a donné une suite, Elyzium For The Sleepless Souls, également très recommandable et remise en service par le même label. (Ph)




samedi 11 novembre 2017

Tyvek - Origin Of What

Ça fait une bonne décennie que Tyvek officie. J'ai quelques-uns de leur prolifique discographie au rayon garage punk et j'aime bien ce groupe au son un peu crade, surtout le 3ème LP Nothing Fits. Mais là, avec ce disque sorti sur In The Red Records,  ils m'ont mis par terre. Origin Of What rejoint ma play list de 2016, car en plus de morceaux fondamentalement garage, ils ont ajouté une touche popisante que j'adore, à l'image du 5ème titre Mirror Image Of.


A l'instar de Thee Oh Sees, Tyvek évolue à la croisée de styles et d'expérimentations sonores, plusieurs titres me font aussi penser aux australiens de UV Race ou aux premiers LP Gogogo Airheart.

Et le skeud finit par une suite à Underwater, titre de ce fameux Nothing Fits, en version dub !  
Il parait que ce groupe reflète le son et l'humeur de leur ville d'origine Detroit, j'irai bien la visiter. Masterpiece! (El)

jeudi 9 novembre 2017

The Smiths ‎- Meat Is Murder

Les Smiths sont un pilier de l'univers pigeons & corbeaux. Clivants certes, mais tellement délicieux. Ma préférence va au second album, bien que le classement soit serré avec le s/t et The Queen Is Dead.


C'est peut-être l'artwork le plus parfait avec celui du Unknown Pleasures. La photo signée Emile de Antonio tirée du film "In The Year Of The Pig" (1968) expose le point de vue radical du groupe, au moins au niveau des textes. Comme Depeche Mode, les Smiths utilisent leur new wave poppy pour passer le message. Sous ses airs romantiques, Morrissey n'est pas Brian Ferry. 



Les années passent, le disque ne vieillit pas. Bien sûr, il reflète son époque, mais contrairement à d'autres bandes de pop, il ne montre pas son âge. Pas d'usure. Les riffs finement ciselés de Johnny Marr et les lignes magiques de basse d'Andy Rourke aident sans doute à la conservation.



La machine à remonter le temps nommée Vidéo permet d'aller revisiter les classiques joués fort et en public, pour une heure de pures vibrations. (Ph)



vendredi 3 novembre 2017

John Maus ‎- Screen Memories

Six ans se sont écoulés depuis le magnifique We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves. Où était donc passé John Maus ? planqué à regarder des VHS ? heureusement, il ne revient pas les mains vides, mais avec un quatrième album qui sera très certainement dans les favoris de l'année.


L'album attaque fort avec The Combine à la cinématique puissante, qui donne le ton d'un disque juste, passionnant, réservant un paquet d'honnêtes écoutes. Trois lectures consécutives, c'est rare, m'ont permis d'adopter la chose définitivement.  


S'il te reste un peu de place entre Drab Majesty et Martial Canterel, tu pourras aisément y glisser ce dernier John Maus. Tu noteras que le monsieur aime aussi ajouter de la polémique, qu'il ne fait pas que de la dance. Le thème du football sur Touchdown n'est pas innocent.



Il est en concert à Strasbourg le 7 novembre, pour ceux qui sont dans le coin. Quant à We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves, on en reparlera lors d'une liste des favoris de 2011. Je te le colle en entier, au cas où... (Ph)



lundi 30 octobre 2017

Lives Of Angels ‎- Elevator To Eden

On peut puiser à l’infini dans la scène anglaise, on y découvre toujours des merveilles. Lives Of Angels, duo en studio et couple à la ville, avait déjà tout compris des nuances entre post-punk, darkwave, kraut rock et neofolk, au point que leur premier album parait encore frais et moderne en 2017.



Paru initialement en cassette en 1983, Elevator To Eden a été repressé en Angleterre en 1986 (Fire recs) puis aux US en 2012 (Dark Entries), ce qui en fait un disque assez facile à trouver aujourd’hui. Son minimalisme lui donne ce côté neofolk, bien que Gerald O’Connell soit plutôt envahi d’expériences kraut ou synth pop.




La diversité des morceaux de cet album me rappelle les premiers Venus In Furs, autre groupe de haute qualité. Validé "classique" en deux écoutes, il porte en lui un peu de l'éternité cachée dans un riff élégant. (Ph)




vendredi 27 octobre 2017

Unur ‎- Anywhere / Anyone

Ce disque est en réalité une compilation de deux EPs parus successivement en cassette en 2011 et 2012. Genetic Music s'est chargé de les rassembler sur un vinyle. Quelle bonne idée ! 



Unur fait partie de la fine fleur du post-punk US, intégrant à une darkwave rythmée des éléments guitare très bien sentis. Les morceaux sur ce disque sont super addictifs, c'est une excellente porte d'entrée à l'univers de Patrick Scott, qui pilote seul ce projet.



Tu trouveras le disque en entier sur le bandcamp de Modern Tapes. Tu y verras également l'album de 2014, No Human Self, qui présente une facette plus Manchester que les premiers EPs.



Tant de qualités ont aiguisé ma curiosité. Patrick, également producteur chez Modern Tapes, a bien voulu se confier.

P&C : Qui compose le groupe à l’heure actuelle ?
Patrick Scott : Le groupe a toujours été un projet solo. L’excellent Lauren Owen de Staring Problem a participé aux voix sur quelques morceaux du  "Anyone" EP et sur  "No Human Self". 

P&C : Le groupe est-il toujours actif ?
Patrick Scott : Le “groupe” est toujours actif, en effet. Il est en quelque sorte en hibernation étant donné que j’explore des territoires plus extrêmes et expérimentaux avec mon autre projet, Verhalten. Cependant je travaille aussi à d’autres chansons pour Unur et j’espère avoir quelques morceaux prêts à enregistrer durant l’hiver.

P&C : As-tu un nouveau disque en route ?
Patrick Scott : Je travaille sur des nouveaux morceaux, mais je ne sais pas si ça donnera un EP ou un album. Je jette d’avantage de titres que je n’en garde. Le prochain disque et sa date de parution sont donc encore un mystère, même pour moi.

P&C : As-tu des projets de tournée européenne ?
Patrick Scott : Je dois faire quelques concerts avec Verhalten en novembre en Europe.
Nov 18- Utrecht, Netherlands @ Bleib Modern Festival avec Froe Char, Mecano Lacrymo et Selofan
Nov 20- Hamburg, Germany @ Rote Flora avec Froe Char et Mecano Lacrymo
Nov 23- Copenhagen, Denmark @ 5e avec Body Stress
Nov 25- Berlin, Germany @ Acud Macht Neu avec Somatic Responses et Hydrone

Une fois le prochain disque de Unur paru, je veux revenir faire quelques concerts. Ça fait presque deux ans que Unur n’a pas joué Live.

P&C : Tu peux nous parler de tes autres projets ?
Patrick Scott : Mon autre projet principal s’appelle Verhalten. C’est plus sombre, bruyant, expérimental, et pour l’instant surtout instrumental. J’ai fait quelques disques autour de rythmes industriels et d’autres dans le registre harsh noise. Verhalten repose sur des textures minimalistes, de l’incrédulité et une volonté de catharsis. C’est vraiment un projet qui m’est nécessaire, aussi bien pour balancer le travail plus mélodique que je fais avec Unur que pour fonctionner en tant qu’humain.
Avant Unur, j’ai fait partie d’un duo art rock expérimental, Locks, j’ai fait de la musique improvisée sur des guitares préparées, de la musique électronique primitive et des enregistrements de rue. Avant ça encore j’ai joué dans des groupes punk hardcore DIY dans les années 90.

P&C : 5 disques du moment que tu nous conseilles ?
Patrick Scott :  Bien sûr, voici quelques disques que j’écoute en ce moment.
1. Adios Mundo Cruel "Sombra De Cadenas, Cadena De Sombras" cassette sur Night Gaunt Recordings
2. Ushinawereta Tamashi "Kori" digital self released
3. Lux Vid "Trench" cassette sur Berkana Records
4. Leichen "77-92" digital sur Reason Art Records
5. Grimes "Art Angels" Lp sur 4AD


lundi 23 octobre 2017

And Also the Trees - Born Into the Waves

Le treizième album du groupe avait rejoint ma liste des favoris de 2016. Leur récente tournée me donne l'occasion de revenir sur ce superbe disque.

Simon et Justin Jones avaient quinze ans en 1979 lorsqu'ils ont formé And Also The Trees. Ils ont immédiatement été adoptés par les Cure qui les ont emmenés en tournée. Leur musique hypnotisante mais moins dynamique que celle d'autres dinosaures de la new wave les a sans doute confinés dans une galaxie underground. Là, ils virevoltent en compagnie de Talk Talk, de Magazine et de Robert Wyatt.


Ce treizième album se pose en pleine neo folk romantique, disque méditatif  pour accompagner une balade ou la lecture d'un bouquin. On peut aussi se percher dans les textes inventifs de ces chansons, chercher à décrypter la poésie, l'accord entre voix et musique.

And when the night opens up in golden wings

Lift me up, lift me up

Wrapped in your fine bead dress

Your caged love bird song

Maesharn Maesharn


L'album lui-même est coupé en deux, la face A propose les morceaux les plus pop, la face B s'aventure plus loin en territoire contemplatif, là où tout n'est que luxe, calme et volupté. (Ph)